{"id":14816,"date":"2021-09-03T23:02:31","date_gmt":"2021-09-03T21:02:31","guid":{"rendered":"https:\/\/de.ambaguinee.org\/?p=14816"},"modified":"2021-09-03T23:02:31","modified_gmt":"2021-09-03T21:02:31","slug":"trop-doignons-font-pleurer-les-producteurs-senegalais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/de.ambaguinee.org\/?p=14816","title":{"rendered":"Trop d\u2019oignons font pleurer les producteurs s\u00e9n\u00e9galais"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\u201cUne maison, un sac d\u2019oignons\u201d: derri\u00e8re cet \u00e9nigmatique appel lanc\u00e9 r\u00e9cemment sur les r\u00e9seaux sociaux au S\u00e9n\u00e9gal se cache le cri d\u2019alarme de producteurs d\u2019oignons appelant chaque foyer \u00e0 acheter une portion de leur r\u00e9colte, qui pourrit faute d\u2019acheteurs.<\/p>\n<p>A Bambilor, un des foyers de production des oignons au S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Dakar, le constat est amer: l\u2019offre d\u00e9passe largement la demande, sous l\u2019effet conjugu\u00e9 de la concurrence \u00e9trang\u00e8re, de pratiques agricoles n\u00e9fastes ou encore de capacit\u00e9s de stockage insuffisantes.<\/p>\n<p>Sous une fine pluie matinale, des filets de 25 kilos sont empil\u00e9s le long des trottoirs, ignor\u00e9s des passants.<\/p>\n<p>Les professionnels parlent d\u2019une ann\u00e9e sombre. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019\u00e9coulement de la production nationale du bulbe \u00e0 forte saveur est une pr\u00e9occupation ancienne, \u00e0 la mesure de l\u2019importance de l\u2019oignon au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>L\u2019oignon, dont le S\u00e9n\u00e9gal produit 450.000 tonnes par an, est un ingr\u00e9dient incontournable de la gastronomie locale.<\/p>\n<p>\u201cIl est cuisin\u00e9 \u00e0 toutes les sauces\u201d, explique Aram Faye, 50 ans, qui travaille dans un jardin de mara\u00eechers. Il donne du go\u00fbt au poulet yassa, au thi\u00e9boudienne et au maf\u00e9, plats traditionnels au pays de la T\u00e9ranga.<\/p>\n<p>L\u2019oignon arrive en t\u00eate de la consommation et de la production mara\u00eech\u00e8res au S\u00e9n\u00e9gal, avec une croissance forte, indiquait en 2018 un rapport de l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO). Il fait vivre pr\u00e8s de 200.000 producteurs, dans un pays de plus de 16 millions d\u2019habitants o\u00f9 l\u2019agriculture emploie plus des deux tiers des actifs, selon Amadou Abdoul Sy, directeur de l\u2019Agence de r\u00e9gulation des march\u00e9s (ARM).<\/p>\n<p>Parmi eux, Diongue Masseye, 71 ans, regarde, impuissant, les oignons d\u00e9fra\u00eechis qui tapissent son entrep\u00f4t de 450 m2 et dont beaucoup ont d\u00e9j\u00e0 germ\u00e9.<\/p>\n<p>\u2013 Question de qualit\u00e9 \u2013<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019un tiers de la production est ainsi perdue chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>\u201cJe vais en distribuer aux femmes du coin\u201d, soupire-t-il.<\/p>\n<p>Le prix du filet de 25 kilos a drastiquement chut\u00e9: vendu 8.000 ou 9.000 francs CFA (12 ou 13 euros) il y a quelques mois, il ne part plus qu\u2019\u00e0 4.500 ou 5.000 FCFA (autour de 7 euros) \u2013 beaucoup moins si une partie du lot est d\u00e9fra\u00eechi.<\/p>\n<p>Diongue Masseye peste contre l\u2019Etat qui, selon lui, aurait d\u00fb pr\u00e9voir une chambre froide g\u00e9ante. La carence en capacit\u00e9s de stockage est une des raisons de cette d\u00e9perdition. Mais elle n\u2019est pas la seule.<\/p>\n<p>\u201cLa faible qualit\u00e9 de l\u2019oignon local se traduit par des pertes importantes et une quasi impossibilit\u00e9 de le stocker\u201d, \u00e9crivait la FAO. Les sp\u00e9cialistes invoquent la qualit\u00e9 discutable des semences mais aussi la propension \u00e0 r\u00e9colter les oignons trop t\u00f4t et donc trop humides, pour les vendre avant les concurrents.<\/p>\n<p>A Notto Gouye Diama, grand march\u00e9 de produits mara\u00eechers dans l\u2019ouest du pays, Daouda Mbaye, commer\u00e7ant, montre des dizaines de sacs d\u2019oignons ab\u00eem\u00e9s dont se d\u00e9tournent des clients plus int\u00e9ress\u00e9s par les poivrons, les pommes, les choux et les carottes.<\/p>\n<p>\u201cIls appartiennent \u00e0 un agriculteur venu me les d\u00e9poser pour que je les vende. Je l\u2019ai inform\u00e9 qu\u2019ils ne sont plus vendables. Il viendra lui-m\u00eame le constater\u201d, explique-t-il.<\/p>\n<p>\u2013 Effet d\u2019aubaine \u2013<\/p>\n<p>Les f\u00eates du Ramadan en mai et de la Tabaski (A\u00efd al-Adha local) en juillet \u201cn\u2019ont malheureusement pas permis d\u2019\u00e9couler les stocks des invendus\u201d, d\u00e9plore Boubacar Sall, pr\u00e9sident du coll\u00e8ge national des producteurs d\u2019oignons\u00a0au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Il r\u00e9clame la mise en oeuvre d\u2019une r\u00e9gulation de l\u2019agriculture au S\u00e9n\u00e9gal, pour r\u00e9\u00e9quilibrer le statut des petits producteurs, \u201cen proie \u00e0 une concurrence d\u00e9loyale de la part des grands\u201d, aux rendements trois fois sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Certes, les importations sont suspendues depuis janvier, \u201cmais on a import\u00e9 les producteurs: Marocains, Chinois etc, qui eux, ont des moyens costauds de production et de conservation\u201d, souligne M. Sall.<\/p>\n<p>Un certain nombre de consommateurs continuent \u00e0 afficher une pr\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019oignon import\u00e9 quand il est disponible sur le march\u00e9.<\/p>\n<p>Pour Amadou Abdoul Sy, le directeur de l\u2019Agence de r\u00e9gulation des march\u00e9s, les producteurs ont leur part de responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>\u201cTout le monde produit en m\u00eame temps. Les autorit\u00e9s avaient demand\u00e9 de mettre les r\u00e9coltes sur le march\u00e9 par p\u00e9riodes diff\u00e9rentes selon chaque zone de production mais elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9es\u201d, regrette-t-il.<\/p>\n<p>Les m\u00e9nag\u00e8res, elles, se frottent les mains, comme Astou Ndiagne \u00e0 Bambilor.<\/p>\n<p>\u201cAu lieu d\u2019acheter un kilo d\u2019oignon \u00e0 400 francs CFA, on l\u2019ach\u00e8te \u00e0 100 ou 150 francs CFA, \u00e7a nous permet de faire des \u00e9conomies\u201d, sourit-elle avec malice.\u00a0<\/p>\n<p><strong>AFP<\/strong><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cUne maison, un sac d\u2019oignons\u201d: derri\u00e8re cet \u00e9nigmatique appel lanc\u00e9 r\u00e9cemment sur les r\u00e9seaux sociaux au S\u00e9n\u00e9gal se cache le cri d\u2019alarme de producteurs d\u2019oignons appelant chaque foyer \u00e0 acheter une portion de leur r\u00e9colte, qui pourrit faute d\u2019acheteurs. 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