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Le 31 décembre vu par la conscience musulmane (Par Aboubacar Sakho)

31 décembre 2025

Chaque année, à l’approche du 31 décembre, de nombreux musulmans s’interrogent sur l’attitude à adopter face au Nouvel An. Dans plusieurs pays, cette date est associée à des fêtes, des réjouissances publiques, des messages de vœux et des rassemblements familiaux ou amicaux. Pourtant, dans la religion musulmane, le 31 décembre ne correspond à aucune fête religieuse et ne possède aucune valeur spirituelle particulière.

L’islam reconnaît seulement deux grandes fêtes religieuses annuelles. Ces fêtes sont liées à des moments précis de la vie religieuse et reposent sur des valeurs de partage, de solidarité, de prière et de sobriété. Le Nouvel An célébré le 31 décembre provient d’un calendrier et de traditions qui ne sont pas issus de l’histoire musulmane. Pour cette raison, un musulman n’a aucune obligation religieuse de célébrer cette date.

De nombreux spécialistes de l’islam expliquent que le croyant est invité à préserver son identité religieuse et culturelle. Cela signifie éviter d’adopter des pratiques festives qui ne correspondent pas à ses valeurs, surtout lorsque ces pratiques sont accompagnées d’excès. Or, dans de nombreux pays, les célébrations du 31 décembre sont souvent marquées par la consommation abusive d’alcool, les dépenses excessives, les comportements irresponsables et parfois des situations dangereuses comme les accidents de la route ou les violences nocturnes.

Par exemple, participer à une soirée où l’alcool est omniprésent, où la musique est poussée à l’extrême et où les comportements deviennent incontrôlés va clairement à l’encontre des principes de retenue et de responsabilité prônés par l’islam. C’est pour cette raison que beaucoup de savants déconseillent fortement aux musulmans de prendre part aux festivités du Nouvel An.

Il est cependant très important de faire la différence entre célébrer et vivre normalement. Célébrer signifie organiser ou participer activement à des festivités spécifiques liées au passage à la nouvelle année, comme les soirées de réveillon, le compte à rebours à minuit ou les rituels festifs. Vivre normalement signifie simplement continuer ses activités quotidiennes sans donner à cette date une importance particulière.

Un musulman peut travailler le 31 décembre, aller au marché, s’occuper de sa famille ou se reposer chez lui sans que cela pose le moindre problème religieux. En revanche, transformer cette date en moment de fête, avec des symboles et des pratiques propres au Nouvel An, est généralement déconseillé.

La fin de l’année peut toutefois être un moment de réflexion personnelle. L’islam accorde une grande importance au temps qui passe et à la responsabilité de l’être humain face à ses actes. Prendre quelques instants pour réfléchir à l’année écoulée, reconnaître ses erreurs, remercier Dieu pour les bienfaits reçus et se fixer des objectifs positifs pour l’avenir est une démarche saine et permise.

Par exemple, un père de famille peut profiter de cette période pour discuter calmement avec ses enfants, leur rappeler l’importance du respect, du travail, de l’honnêteté et de la solidarité. Une mère peut encourager ses enfants à améliorer leur comportement scolaire ou social pour l’année à venir. Ces attitudes ne relèvent pas de la fête mais d’une réflexion personnelle et familiale.

La question des vœux de fin d’année revient souvent dans les discussions. Certains musulmans estiment que dire bonne année est une simple formule de politesse sociale, sans signification religieuse. D’autres préfèrent éviter cette expression afin de ne pas s’associer symboliquement à une fête qu’ils ne reconnaissent pas. Dans la pratique, beaucoup adoptent une attitude mesurée, répondant avec courtoisie sans enthousiasme excessif ni participation aux festivités.

Dans le monde du travail, il arrive qu’un collègue non musulman adresse des vœux de bonne année. Répondre calmement par respect et politesse n’est pas considéré par beaucoup comme une célébration, tant qu’il n’y a pas d’implication dans les fêtes du Nouvel An. Le respect mutuel reste une valeur fondamentale dans les relations humaines.

Les jeunes musulmans sont souvent confrontés à une forte pression sociale durant cette période. Les réseaux sociaux, les invitations entre amis et les événements publics donnent parfois l’impression que tout le monde célèbre le 31 décembre. Certains peuvent alors se sentir marginalisés ou incompris lorsqu’ils choisissent de ne pas participer.

Il est important de rappeler que le choix de ne pas célébrer le Nouvel An est un choix personnel, respectable et fondé sur des convictions religieuses. Refuser une invitation à une soirée de réveillon ne signifie pas rejeter les autres ni se couper de la société. Un jeune peut par exemple préférer passer la soirée en famille, se reposer ou organiser une activité saine un autre jour.

L’islam n’impose pas au musulman de célébrer le 31 décembre et la majorité des avis religieux déconseillent cette célébration, surtout lorsqu’elle entraîne des comportements contraires aux valeurs de sobriété et de responsabilité. Vivre cette journée comme une journée ordinaire, réfléchir à sa vie et chercher à s’améliorer sont des attitudes parfaitement compatibles avec l’esprit de l’islam.

Le passage d’une année à une autre peut ainsi devenir un moment de conscience et de recul, sans bruit ni excès, mais avec du sens et de la dignité.

Aboubacar SAKHO
Expert en Communication

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Last modified: 31 décembre 2025

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