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Simandou, transparence en question : Cellou Dalein dénonce un « miroir aux alouettes »

1 janvier 2026

L’année 2025 s’est achevée et 2026 s’ouvre dans un climat d’inquiétude pour la Guinée. Pour le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), cette nouvelle année n’annonce aucun changement positif pour le pays.

“Le moment est grave. Au regard de notre passé récent, 2026 n’annonce pas du nouveau, mais la terrible continuité du même. Le moment est grave parce qu’on nous annonce la fin d’une transition et le retour à l’ordre constitutionnel alors qu’on a assisté à une prolongation du régime d’exception”, a déclaré Cellou Dalein Diallo dans son discours du nouvel an.

Poursuivant, il a ajouté : “Le moment est grave parce que l’annonce d’une nouvelle ère est en réalité une plongée dans les ténèbres, avec la fin du pluralisme politique et l’installation d’une tyrannie civilo-militaire. Le propre d’une tyrannie, c’est d’élever l’illusion au rang de foi. Nous avons été témoins d’une accélération des illusions cette année 2025”.

L’ancien Premier ministre s’est également prononcé sur le projet minier Simandou. Selon lui, « le programme Simandou est un miroir aux alouettes ».

Il dénonce notamment le manque de transparence des autorités : “jusqu’à ce jour, les autorités refusent de publier les conventions avec nos partenaires dans le projet. Que nous cachent-elles ? La transparence et la loyauté envers le peuple commandent de rendre publiques toutes les conventions conformément au code minier et à nos engagements par rapport à l’ITIE » .

Cellou Dalein Diallo souligne que, si la participation de l’État guinéen dans le capital des sociétés impliquées dans l’exploitation minière est connue — soit 15 %, et donc la même proportion des bénéfices —, de nombreuses zones d’ombre subsistent : « l’on ignore tout du régime fiscal applicable à ces sociétés et les raisons pour lesquelles la construction d’un port en eaux profondes à Moribayah a été abandonnée. Le peuple a le droit de savoir où vont ses ressources et comment l’argent public est utilisé”. 

Face à cette situation, le leader de l’UFDG met en garde : “Si nous ne nous levons pas, bientôt, toutes les richesses nationales seront bradées et hypothéquées à cause d’une gestion patrimoniale de l’État et de la course effrénée à l’enrichissement personnel des dirigeants”.

En conclusion, Cellou Dalein Diallo affirme que la crise actuelle dépasse le cadre politique et économique : “La crise que notre pays traverse n’est pas seulement politique ou économique, elle est aussi morale. Une crise où nos valeurs sont bafouées, nos symboles affaiblis, et où la confiance entre les institutions et les citoyens est profondément brisée. Même une partie de l’élite, disposant de bonnes informations et de capacités d’analyse indéniables, n’a pas échappé à la corruption et à l’intimidation du pouvoir, pour s’ériger très souvent en défenseure chevronnée de la mauvaise gouvernance, des meurtres, des disparitions forcées, des privations de liberté et même du parjure”.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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Last modified: 1 janvier 2026

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