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CRIEF- 75 millions GNF de salaire, 20 millions de fonds…, l’ex-président de la Cour constitutionnelle révèle ses revenus mensuels

23 février 2026

L’ancien président de la Cour constitutionnelle était de nouveau devant la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF). L’essentiel des questions posées au prévenu Mohamed Lamine Bangoura à l’audience de ce lundi 23 février 2026 ont porté sur l’utilisation des 20 milliards de subvention alloués à la Cour constitutionnelle dont il assurait la présidence, l’ajustement du contrat de bail qui abritait l’institution qui est passé de 8 à 11 milliards de francs guinéen et l’acquisition de ses biens immobiliers à Nongo, Wonkifong et Dakar.

Comme à l’audience précédente, Mohamed Lamine Bangoura a déclaré à la barre, que la Cour Constitutionnelle avait un budget annuel de 20 milliards de francs guinéens tel qu’adopté par l’Assemblée Nationale d’alors, et qu’on prélevait 11 milliards pour le loyer du bâtiment.
Plus loin, il souligne que l’institution qu’il présidait percevait trimestriellement 1 milliard 200 millions GNF à titre de subvention soit 4 milliards 800 millions GNF par an.

« Mais ces fonds étaient gérés par un comité de trésorerie présidé par son vice-président. Siégeaient également dans ce comité, deux conseillers de la Cour Constitutionnelle et le DAF (Directeur administratif et financier) », a déclaré le prévenu à la barre.

Selon lui cette somme servait au paiement des primes, les frais de transport, du logement, la santé et les consommables du personnel de la Cour.

Interrogé sur le contrat de bail du bâtiment qui abritait la Cour constitutionnelle, l’ancien président de ladite institution martèle que le contrat de départ était évalué à 8 milliards de francs guinéens. Mais au regard des travaux qui attendent ce bâtiment, un réajustement a été fait par le bailleur qui passe de 8 à 11 milliards de francs guinéens. Une augmentation qui a vite interrogé la curiosité de la Cour et du parquet qui, à tour de rôle, ont demandé si ce contrat a été établi en commun accord avec le président ou bien c’était une imposition. « Vous savez, quand la Cour a été installée, c’était en avril 2015. Nous avons été installés dans la précipitation. On tenait nos réunions à la Cour d’Appel dans le bureau du feu Kèlèfa Sall. Lors d’une réunion, il nous a informés qu’on a mis l’immeuble de KPC [Kerfalla Person Camara] à notre disposition. L’ameublement a été fait. On nous a dit que le contrat était signé par le Grand projet. Je crois que chaque deux ans ou trois ans l’entreprise devait rénover le bâtiment, mettre la peinture, tout est tout. C’est elle aussi qui assurait l’ameublement. Trois ans après, l’entreprise a procédé à la rénovation et elle nous a soumis un contrat de 11 milliards GNF. Quand le document est venu puisque nous partageons le bâtiment avec la Cour des Comptes, j’ai demandé au secrétaire général d’aller voir son homologue de la Cour des comptes pour constater si effectivement c’est le même contrat. C’est ce qui fût fait, il est revenu me dire que c’est le même document. Ils se sont retrouvés pour faire l’étude du contrat. Ils ont travaillé pendant 1 mois, il m’a dit : c’est bon, j’ai signé », a expliqué l’ancien président de la Cour constitutionnelle.

Vous avez signé comme ça sans prendre connaissance du contenu? « C’est de bonne foi j’ai signé puisque c’est des techniciens qui ont étudié le contrat, on m’a dit c’est bon, j’ai signé », se défend Mohamed Lamine Bangoura.

S’agissant de l’enrichissement illicite reproché à ce prévenu, il a rejeté systématiquement cette accusation. L’ancien président de la Cour constitutionnelle note qu’il percevait un salaire de 75 millions de francs guinéens, il avait également de fond d’accompagnement de 20 millions, qui lui a été accordé par Alpha Condé, président de la République d’alors, plus son salaire d’enseignant et des honoraires en tant que consultant. Il déclare aussi avoir vendu un immeuble à Paris appartenant à son défunt père sans en définir le montant exact.

Parlant de ses biens, l’enseignant chercheur reconnaît être propriétaire de deux immeubles R+1 à Nongo, une villa à Wonkifong (Coyah), un immeuble R+3 à Dakar acheté à 300 millions de francs CFA. Un achat qui aura été facilité par Afriland First bank à travers un prêt.

Un montant contesté par Lanciné Kanko, notaire de profession constitué dans cette procédure, qui parle plutôt de 444 millions FCFA.

 « Vous ne pouvez pas vous fier à ses propos parce qu’il a détourné même mon argent », fulmine le prévenu à la barre qui dit visser tous les documents liés au paiement. Par contre, ajoute-il, c’est ce dernier qui a détourné son argent après avoir payé ses honoraires, son  transport, ses frais d’hôtel à Dakar.

L’affaire a été renvoyée au 2 mars prochain pour la suite des débats avec la comparutions des autres prévenus.

Il faut rappeler qu’ils sont au nombre de quatre dans ce dossier, dont Mohamed Lamine Bangoura, visé par cette procédure. Ils sont accusés, entre autres, de faits de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite. 


Pour l’heure seule l’ancien président de la Cour constitutionnelle répond à la barre. Les trois autres seraient en fuite.

Lebere Baldé

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Last modified: 23 février 2026

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