
Les débats dans le dossier impliquant l’ancien Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, se sont achevés ce jeudi 2 avril 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). À l’issue des plaidoiries, le juge a renvoyé l’affaire au 30 avril prochain pour le délibéré.
Après l’intervention de Me Sidiki Bérété, la parole a été donnée à Me Almamy Samory Traoré. Dans sa plaidoirie, celui-ci a sollicité « l’infirmation totale de la décision » rendue en première instance.
L’avocat de la défense a notamment soulevé plusieurs irrégularités de forme, qu’il estime de nature à fragiliser le dossier. Il a pointé du doigt le rapport de l’Inspection générale d’État, qu’il juge illégitime, arguant que celui-ci a été établi 25 jours après l’arrestation de son client. Me Traoré a également dénoncé l’absence de contradictoire, précisant que Kassory Fofana n’aurait jamais été entendu dans le cadre de ce rapport.
S’agissant des accusations d’enrichissement illicite, il a soutenu que son client n’était pas tenu de justifier des biens acquis avant son entrée en fonction. « Monsieur Kassory a déclaré ses biens avant d’accéder aux charges de l’État », a-t-il rappelé, estimant ainsi que les poursuites sur ce point sont infondées.
Concernant le blanchiment de capitaux, l’avocat a minimisé les faits, les qualifiant de « plus légers ».
De son côté, Me Dinah Sampil est revenu sur le parcours académique et professionnel de l’ancien Premier ministre, qu’il a présenté comme un cadre exemplaire. Il a dénoncé un acharnement judiciaire tout au long de la procédure, affirmant que « les affirmations contenues dans le jugement sont erronées » et que « les juges d’instruction se sont débrouillés pour qu’il soit condamné ».
Dans une adresse directe à la cour, il a exhorté les juges à statuer en toute indépendance : « Rendez vos décisions en âme et conscience. Ne vous associez pas à ceux qui veulent éteindre Kassory », a-t-il lancé, tout en estimant que les réalisations de son client pour le pays surpassent largement les faits qui lui sont reprochés.
L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme des contradictions du ministère public, notamment sur l’état de santé de l’accusé. « C’est vous qui l’avez amené à l’hôpital, pourquoi dire ensuite qu’il n’est pas malade ? », a-t-il interrogé.
Sur la qualification de blanchiment d’argent, Me Sampil a rappelé que cette infraction suppose l’existence préalable de fonds illicites, généralement issus d’activités criminelles telles que le grand banditisme ou le trafic de drogue.
En réponse à la défense, l’avocat de la partie civile, Me Pépé Antoine Lamah, a contesté plusieurs arguments. Il a affirmé que le rapport incriminé aurait été établi avant le 5 septembre, soit bien avant l’arrestation de Kassory Fofana.
Revenant sur les fonds supposément détournés au niveau de la MAMRI, il a souligné que cette structure étant rattachée à la Primature, l’ancien Premier ministre en était l’ordonnateur principal. Il a également évoqué une incohérence entre les déclarations de biens faites en 2018 et en 2022 par l’accusé, précisant que la justice est en droit d’en analyser la pertinence.
Dans une réplique, Me Almamy Samory Traoré a rejeté ces accusations, affirmant que Kassory Fofana « n’a jamais signé un acte d’engagement au compte de la MAMRI ». Il a aussi soutenu que la partie civile n’a apporté aucune preuve de la sortie des fonds évoqués, notamment les 15 milliards de francs guinéens. « Les 13 milliards ne sont pas sortis des comptes de la MAMRI », a-t-il insisté.
Après ces échanges, la cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 30 avril 2026.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 2 avril 2026





