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Absence de LFI 2026 : les coulisses du financement de l’État guinéen

14 avril 2026

Au mois d’avril 2026, la Guinée ne dispose toujours pas de sa loi de finances initiale (LFI 2026). Bien que le texte ait été adopté par le Conseil national de la transition (CNT), il reste en attente de promulgation pour entrer en vigueur.

Comment, dans ce contexte, le gouvernement finance-t-il ses activités ? Pour répondre à cette question, la rédaction de Guinee7.com a contacté l’économiste Ibrahima Marie Camara. Selon lui, le législateur a prévu des mécanismes alternatifs pour faire face à ce type de situation.

« Il faut d’abord comprendre que l’adoption d’une loi de finances et sa promulgation ne sont pas obligatoires avant le 31 décembre de l’année en cours. Le législateur a prévu d’autres mécanismes pour aller au-delà de cette échéance », a-t-il déclaré d’entrée.

Il précise ensuite : « Normalement, la loi de finances doit être votée avant le 31 décembre, dans le respect du principe d’annualité budgétaire. Toutefois, ce principe peut ne pas être respecté en raison de difficultés au niveau de l’Assemblée nationale ou de l’exécutif. Dans ce cas, on recourt au système du douzième provisoire. Ce mécanisme permet d’exécuter le budget de manière mensuelle, bimestrielle ou trimestrielle jusqu’à la promulgation de la loi de finances. Nous sommes actuellement dans cette situation : la loi de finances a été adoptée, mais n’ayant pas encore été promulguée, le pays fonctionne sous le régime du douzième provisoire. Le budget est donc exécuté par tranches mensuelles jusqu’à la promulgation par le pouvoir exécutif. Nous ne sommes donc pas en dehors des délais légaux. »

Par ailleurs, l’économiste souligne que cette situation n’a pas de conséquences majeures pour le pays. « Cela n’a pas de conséquences factuelles, si ce n’est sur le plan politique. Les impacts économiques restent limités, puisque la loi de finances adoptée continue d’être exécutée, même sans promulgation », a-t-il expliqué.

Enfin, il met en garde contre certains risques : « Ce qui peut inquiéter les agents économiques, c’est l’exécution extrabudgétaire de certaines dépenses, notamment dans le cadre de marchés publics. Certains ministères peuvent engager des dépenses que le président ne souhaiterait pas voir exécutées. Cela constitue une exécution extrabudgétaire, susceptible d’entraîner une augmentation de la masse monétaire en circulation. »

Bhoye Barry pour guinee7.com

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Last modified: 14 avril 2026

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