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CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura conteste toute implication dans la gestion des fonds publics

27 avril 2026

Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle était face à une formation renouvelée de la cour et du parquet. L’ex-haut responsable a été amené à revenir en détail sur sa gestion durant son passage à la tête de l’institution, entre 2018 et 2021.

L’audience s’est poursuivie ce lundi 27 avril 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

À la barre, le prévenu a longuement répondu aux interrogations du président de séance, le juge Alpha Camara, ainsi qu’aux représentants du ministère public, notamment les substituts du procureur spécial Ousmane Sanoh, Biwone Millimouno et Pierre Segbè Kamano. Les échanges ont essentiellement porté sur l’origine de ses biens et les avantages dont il aurait bénéficié durant ses fonctions.

Dans ses explications, Mohamed Lamine Bangoura a retracé son parcours professionnel bien avant son arrivée à la Cour constitutionnelle. Il a indiqué avoir exercé en tant qu’enseignant-chercheur dans les facultés de droit en Guinée, avant d’occuper, de 2009 à 2015, les fonctions de doyen à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia, avec une rémunération mensuelle estimée à six millions de francs guinéens.

Poursuivant son argumentaire, il a également évoqué ses activités de consultant indépendant. Dans ce cadre, il affirme avoir participé à la révision de conventions minières, une activité pour laquelle il percevait, selon ses dires, 800 mille francs guinéens par jour. Il dit avoir également réalisé plusieurs missions de conseil pour différentes structures, notamment dans le domaine électoral.

Revenant sur son entrée à la Cour constitutionnelle en 2015, période correspondant à la mise en place de l’institution, Mohamed Lamine Bangoura a précisé qu’il percevait initialement un salaire mensuel de 21 millions de francs guinéens. Une rémunération qui aurait ensuite atteint 75 millions de francs guinéens après sa nomination à la présidence de la Cour en 2018, consécutivement au décès de Kéléfa Sall.

Selon lui, l’ensemble de ses revenus cumulés lui aurait permis de financer la construction de ses biens immobiliers, notamment des immeubles situés à Nongo et à Dakar.

Sur la question de la déclaration de patrimoine, soulevée au cours des débats, le prévenu a reconnu ne pas s’y être conformé, justifiant cette situation par le contexte institutionnel de l’époque. « Il n’y avait pas de cour constitutionnelle. La culture de présentation des biens n’existait pas… », a-t-il déclaré.

Poursuivi par l’Agent judiciaire de l’État pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité, Mohamed Lamine Bangoura a une nouvelle fois rejeté en bloc les accusations portées contre lui. « J’ai toujours privilégié les travailleurs de l’institution. Je n’ai jamais pris l’initiative de gérer les fonds de la cour. Je ne pouvais même pas. Quand j’étais venu, les salaires ont été majorés », s’est-il défendu devant la cour.

En l’absence de l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État à cette audience, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 4 mai prochain. Cette prochaine échéance devrait être marquée par la comparution de Lancinet Kanko Camara, également partie civile dans ce dossier.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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Last modified: 27 avril 2026

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