
La tension est montée d’un cran ce samedi 9 mai à Koundian, dans la préfecture de Mandiana, où plusieurs candidats aux élections communales du 31 mai et leurs partisans sont descendus dans la rue pour dénoncer leur exclusion de la liste définitive des candidatures.

Au cœur de la contestation : quatre candidats affirment avoir été écartés du scrutin alors même qu’une décision de justice ordonnait leur réintégration.
Une décision judiciaire restée sans effet
Selon les protestataires, leurs dossiers avaient été régulièrement déposés et validés, comme en attesterait le récépissé délivré par l’administration électorale.
« Nos noms figuraient sur le récépissé. Mais lorsqu’ils ont publié la liste provisoire, ils avaient disparu », explique Mariame Kourouma, l’une des candidates concernées.
Saisis du dossier, les juges de Mandiana auraient ordonné la réintégration immédiate de Fanta Moussa Sacko, Mariame Kourouma, Fremba Doumbouya et Issa Sacko.
Mais, à la publication de la liste définitive, leurs noms n’y figuraient toujours pas.
« La justice a parlé, mais personne n’a obéi »
Pour les candidats exclus, l’affaire dépasse désormais le simple contentieux électoral.
« Nul n’est au-dessus de la loi. La décision est tombée, normalement ils devraient l’exécuter », déclare Fanta Moussa Sacko, qui dit détenir le jugement ainsi que l’ensemble des pièces justificatives.
Les manifestants accusent les responsables électoraux préfectoraux d’avoir ignoré la décision judiciaire.
Sur place, la colère se faisait entendre sans détour.
« S’ils ne remettent pas le nom de notre candidat, les jeunes vont sortir », a lancé un manifestant.
Soupçons de substitution de candidatures
Les candidats contestataires affirment que leurs noms auraient été remplacés par ceux de personnes qui, selon eux, n’avaient pas déposé de dossier.
« Ils ont mis les noms de personnes qui n’ont même pas fait acte de candidature », soutient Mariame Kourouma.
Ces accusations nourrissent les interrogations sur les conditions de confection de la liste définitive.
La DGE préfectorale se retranche derrière le silence
Joint par téléphone, le chargé des élections de la préfecture de Mandiana n’a pas souhaité commenter le fond du dossier.
« Je ne commente pas une décision judiciaire », a-t-il indiqué, précisant avoir transmis le dossier « à qui de droit ».
Une réponse qui laisse entière la question soulevée par les manifestants : si la justice a ordonné la réintégration des candidats, à quel niveau la décision s’est-elle arrêtée ?
Appel à l’intervention du président de la République
Les candidats exclus demandent au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, d’intervenir afin d’éviter une escalade.
« Nous voulons simplement que nos noms soient remis sur la liste », insiste Mariame Kourouma.
À Koundian, où la rue réclame l’exécution d’une décision de justice, le dossier met en lumière une question sensible : dans le processus électoral, qui a le dernier mot, le juge ou l’administration ?
Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan
620 42 42 96
L’article Élections à Koundian : exclus malgré une décision de justice, des candidats portent la contestation dans la rue est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 9 mai 2026




