
Lors de la possession canonique de Monseigneur François Sylla, le cardinal Robert Sarah, figure influente de l’Église catholique, a dressé, samedi, à la Cathédrale Sainte-Marie de Conakry, un constat sévère de la société guinéenne.
« Est-ce que nous nous rendons compte que la gestion du bien commun est une vocation morale et spirituelle ? Sans morale, sans Dieu, notre pays ne se relèvera jamais. Il ira en se dégradant, en engendrant la peur, la pauvreté, la division et la haine réciproque. »
À l’entame de son homélie au vitriol, le chef religieux a rendu un vibrant hommage au président Mamadi Doumbouya « pour ses gestes de délicatesse et de proximité dont il a voulu honorer notre assemblée de prières ».
« Je vous prie de transmettre à Monsieur le Président toute ma gratitude et ma reconnaissance pour ses gestes de délicatesse et de proximité dont il a voulu honorer notre assemblée de prières. Nous prions pour lui, pour sa famille et pour notre pays, la Guinée. Que Dieu bénisse et protège notre cher pays, et lui donne la paix, l’unité et la concorde. Que Dieu bénisse le peuple de Guinée et mette en son cœur le désir et la volonté de changer radicalement d’esprit et de mentalité, lui permettant d’engager réellement son développement économique et de bâtir la paix et la concorde nationale », affirme le cardinal Sarah.
Poursuivant, il a dénoncé une société guinéenne en perte de repères moraux et spirituels.
« Comment se fait-il que notre société guinéenne se meure à vue d’œil ? Et pourtant, nos mosquées et nos églises sont remplies chaque jour »
« (…) Est-ce que nous, chrétiens, nous, prêtres, nous, évêques, ne vivons pas totalement pollués par l’ambiance de pourriture, de mensonge et de corruption dans laquelle nous évoluons quotidiennement ? Alors que la pratique religieuse catholique, à travers les moyens que sont les sacrements, est censée nous donner les moyens et les grâces pour nous convertir en profondeur. Comment se fait-il que notre société guinéenne se meure à vue d’œil ? Et pourtant, nos mosquées et nos églises sont remplies chaque jour », s’est lâché le prélat.
Et d’interroger : « N’est-ce pas à cause de la dégradation de notre vie intérieure et morale, de la corruption, de la gabegie, du désordre de nos vies et de nos mentalités dans la bonne gestion du bien commun ? Est-ce que nous nous rendons compte que la gestion du bien commun est une vocation morale et spirituelle ? Sans morale, sans Dieu, notre pays ne se relèvera jamais. Il ira en se dégradant, en engendrant la peur, la pauvreté, la division et la haine réciproque. Nous ne voulons pas nous mettre dans les mains de Dieu. »
Plus loin, il enfonce le clou : « Nous lui [Dieu] mentons constamment parce que nous ne voulons pas nous soumettre à Dieu en vérité. Nous voulons construire à notre façon notre pays et le royaume de Dieu. (…) »
Christine Finda KAMANO & Robert KOUROUMA
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Last modified: 9 mai 2026




