
Le procès de la cheffe du centre de santé de Soyah et de ses deux collaboratrices s’est ouvert ce mardi 12 mai 2026 au Tribunal de Première Instance de Mamou, dans une atmosphère particulièrement tendue et chargée d’émotion.
Maningbè KANDE, cheffe du centre de santé de Soyah, ainsi que Maïmouna Djiba SOW et Cécile BALAMOU, toutes sages-femmes en service dans la sous-préfecture de Soyah, sont poursuivies pour non-assistance à une femme en instance d’accouchement.
Les faits remontent à la nuit du 2 mai 2026. Selon l’accusation, Mariama Diallo, en travail avancé, aurait été refoulée du centre de santé de Soyah par les prévenues. Privée de prise en charge médicale, elle a finalement accouché à même le sol, devant la structure sanitaire.
Alerté, le parquet du TPI de Mamou a immédiatement ouvert une enquête ayant conduit à l’interpellation des trois agentes de santé.
Très tôt ce mardi matin, les accusées, vêtues de tenues pénitentiaires, ont comparu devant une salle comble, sous le regard de nombreux curieux.
À l’ouverture des débats, le juge a rappelé les faits reprochés aux prévenues, qualifiés de non-assistance à une femme en état d’accouchement, une infraction prévue et punie par l’article 748 du Code de l’enfant.
À la barre, Maïmouna Djiba Sow et Maningbè Kandé ont reconnu les faits. Cécile Balamou, après avoir d’abord rejeté les accusations, a finalement admis sa responsabilité au cours des échanges.
Submergée par l’émotion, Maïmouna Djiba Sow a demandé pardon avant d’éclater en sanglots devant le tribunal. De son côté, Maningbè Kandé a également présenté ses excuses à la famille de la victime et à la justice.
Le mari de la victime, Mamadou Baïlo DIAKITÉ, a dénoncé la négligence et le manque d’humanisme des prévenues.
Présent à l’audience, le Directeur préfectoral de la santé de Mamou a lui aussi présenté ses excuses, affirmant que des mesures ont été prises pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal de déclarer les trois prévenues coupables. Il a requis deux ans d’emprisonnement dont 23 mois avec sursis et une amende de 15 millions de francs guinéens contre Maïmouna Djiba Sow et Cécile Balamou. Contre Maningbè Kandé, le ministère public a requis deux ans de prison avec sursis et une amende de 10 millions de francs guinéens.
Le tribunal correctionnel de Mamou a renvoyé l’affaire au 19 mai 2026 pour le délibéré. En attendant le verdict final, les trois prévenues ont été reconduites en prison.
Mamadou Alpha Keïta pour guinee7.com
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Last modified: 12 mai 2026




