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CRIEF : la remise en liberté de Badra Koné en débat devant la CSCI, décision attendue le 18 mai

14 mai 2026

La Chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a examiné, ce jeudi 14 mai 2026, les appels formés contre plusieurs ordonnances de placement en détention visant Badra Aliou Checkna Koné.

L’ancien président de la délégation spéciale de Matam est poursuivi par l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, prise illégale d’intérêt, conflit d’intérêt, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité », portant sur plus de 29 milliards de francs guinéens.

Lors de l’audience, les avocats de Badra Aliou Checkna Koné ont développé plusieurs arguments pour contester son placement en détention.

La défense a notamment invoqué la violation de l’article 66 du Code électoral, qui prévoit qu’aucune poursuite ne peut être engagée contre un candidat à une élection jusqu’à la proclamation des résultats.

« Notre client a acquis la qualité de candidat à l’élection, ce qui constitue un obstacle insurmontable aux poursuites engagées contre lui. Aujourd’hui, il est en détention et ne peut pas battre campagne. Ce n’est pas ce que le législateur a prévu », a soutenu Lanciné Sylla.

L’avocat a également dénoncé une violation de l’article 466 alinéa 2 du Code de procédure pénale, estimant que la procédure de flagrance aurait dû conduire à une comparution immédiate le même jour.

« Notre client a été interpellé le 29 avril mais n’a été présenté au magistrat instructeur que le 30 avril. La sanction prévue est sa remise en liberté d’office », a plaidé la défense.

Autre argument avancé : l’absence de motivation suffisante de l’ordonnance de placement en détention.

« Les magistrats instructeurs n’ont pas donné de base légale à leur décision », a insisté Lanciné Sylla.

Des arguments rejetés par le ministère public. Le substitut du procureur, Biwon Millimouno, a estimé que les articles 65 et 66 du Code électoral doivent être interprétés ensemble, rappelant également que la loi spéciale sur la CRIEF prévaut sur les dispositions générales.

Même position du substitut du procureur spécial, Pierre Segbé Kamano, pour qui « la loi sur la CRIEF est une loi spéciale ».

Concernant les délais de procédure, le parquet a soutenu que les délais en matière pénale sont des délais francs et que Badra Aliou Checkna Koné avait bien été présenté et inculpé dans les délais légaux.

La partie civile, représentée par Sâ Dissy Millimouno, a également demandé le maintien en détention du prévenu, estimant que les arguments de la défense étaient infondés.

« La présente procédure porte sur la détention et non sur les poursuites », a-t-il déclaré, avant d’assurer que « la décision est bien motivée ».

Au terme des débats, la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction, présidée par Aly Badra Koma, a mis l’affaire en délibéré pour une décision attendue le 18 mai 2026.

Lebere Baldé

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Last modified: 14 mai 2026

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