
La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a connu, ce mercredi 20 mai 2026, un nouveau développement dans le dossier impliquant l’ancien ministre de l’Enseignement technique et de la Sécurité, Albert Damantang Camara.
L’audience, qui s’annonçait ordinaire, a rapidement pris une tournure procédurale majeure lorsque la défense a soulevé une contestation visant la formation de jugement appelée à examiner l’affaire.
À la surprise de l’assistance, les avocats du prévenu ont mis en cause la légitimité de la composition de la chambre, sans exposer immédiatement leurs arguments en audience publique.
Face à cette contestation, la juridiction concernée, présidée par le magistrat Alpha Camara, a décidé de se retirer du dossier. Le juge a, dans la foulée, indiqué qu’une nouvelle formation devrait être prochainement désignée pour reprendre l’examen du dossier, en présence de l’accusé et de son équipe de défense.
Au cœur des explications fournies par la défense, Me Paul Lazard Joachim Gbilimou a justifié cette démarche par des questions d’impartialité.
Selon lui, certains membres de la formation contestée auraient déjà été impliqués dans des étapes antérieures de la procédure. Le président de la chambre, rappelle-t-il, aurait eu à intervenir dans le dossier en qualité de juge d’instruction. Quant au premier assesseur, Kanda Doumbouya, il aurait participé aux travaux d’une mission d’inspection administrative ayant produit un rapport utilisé dans les poursuites.
Pour la défense, cette situation pose un problème fondamental de séparation des fonctions judiciaires et d’impartialité du procès. L’argument avancé repose sur le principe selon lequel une même personne ne saurait, dans une même affaire, intervenir à la fois dans la collecte des éléments à charge et dans le jugement final.
En toile de fond, le dossier reste marqué par de lourdes accusations. Lors d’une précédente audience tenue le 6 mai, les débats avaient déjà porté sur la gestion de marchés publics liés à ses anciennes fonctions gouvernementales. Albert Damantang Camara conteste l’ensemble des faits reprochés, notamment des accusations de détournement de fonds publics, de corruption, de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.
Les montants évoqués dans cette affaire sont particulièrement élevés : environ 222 milliards de francs guinéens concernant le ministère de l’Enseignement technique et près de 17 milliards pour le département en charge de la Sécurité, selon les éléments du dossier.
Avec cette récusation, la procédure marque une nouvelle pause, en attendant la mise en place d’une nouvelle composition judiciaire appelée à reprendre l’examen de cette affaire à forts enjeux judiciaires et financiers.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 20 mai 2026




