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Affaire Mohamed Diané en appel : des témoins entendus sur la gestion du budget de souveraineté et des biens fonciers

21 mai 2026

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Le dossier en appel de l’ancien ministre de la Défense nationale, Mohamed Diané, a été évoqué ce jeudi 21 mai devant la juridiction compétente. Plusieurs témoins ont été entendus au cours de l’audience, apportant des éléments jugés importants par les parties.

Des éclaircissements sur le budget de souveraineté

À la demande du parquet spécial, un ancien gouverneur de la Banque centrale de Guinée a comparu afin de vérifier si Mohamed Diané avait effectivement été ordonnateur des dépenses du budget de souveraineté du président Alpha Condé.

Selon son témoignage, l’ancien ministre a bien géré ce budget à différentes étapes de sa carrière : « Dr Mohamed Diané a bel et bien géré le budget de souveraineté d’abord en tant que ministre directeur de cabinet à la présidence ensuite en tant que responsable chargé des affaires présidentielles. »

Le conservateur foncier de Conakry entendu

Dans la suite des débats, Kabinè Doumbouya, conservateur foncier de Conakry, a comparu dans l’affaire impliquant Mohamed Diané.

Interrogé sur ses liens avec le prévenu, il a répondu : « je le connais en tant qu’ancien ministre. Je n’ai aucun lien avec lui »

Le procureur spécial a ensuite cherché à savoir si des manipulations de dossiers étaient possibles dans le système foncier. Le témoin a fermement rejeté cette idée : « c’est inimaginable. Ce n’est pas possible. Au niveau du foncier on ne peut pas manipuler quoi que ce soit. Parce que c’est une chaîne. Il y a des plans cadastraux qui sont classés au niveau du cadastre. Il suffit de donner le numéro de parcelle et du lot et vous cliquez, le nom de la personne apparaît. »

Concernant les immeubles attribués à Mohamed Diané à Dubréka, le témoin a précisé : « je ne saurais le dire»

Il a également expliqué la méthode de travail utilisée pour produire les documents transmis à la cour : « on a reçu ces adresses cadastrales. Et ce sont qu’on a ressortis.»

Et d’ajouter sur les limites de sa responsabilité : « le conservateur ne peut pas savoir si tel est prête nom ou pas. Si ce n’est pas établie dans le titre foncier que ce n’est pas au nom de Dr Mohamed Diané»

Dans les archives, plusieurs parcelles ont été citées : « dans les archives de la conservation foncière on a retrouvé la parcelle 616, établi au nom de Ballou Fatoumata Diané, fille de Mohamed Diané, à Nongo ex raffinerie. La parecelle 11 à Kipé, au nom d’Ahmed Sékou Diané. La parcelle 804, à Nongo, est établi au nom de Sekou Kaké »

L’un des substituts du procureur spécial a estimé que certains témoins ne répondaient pas suffisamment aux questions de la cour, allant jusqu’à menacer de prendre des responsabilités.

Le conservateur a répliqué en affirmant son engagement : « j’ai prêté serment. Je n’ai aucun intérêt à faire entrave à la justice. »

À la partie civile, qui l’interrogeait sur d’éventuelles pressions, il a ajouté : « je jure sur la tête de mes enfants, Dr Mohamed ne m’a jamais contacté pour immatriculé un immeuble.»

Le directeur des domaines et du cadastre à la barre

Ensuite, le directeur national des domaines et du cadastre, Faya Clément Tolno, a été entendu. Il a indiqué n’avoir aucun lien avec le prévenu.

Concernant les documents transmis à la cour, il a déclaré : « depuis le début, l’agent judiciaire de l’Etat nous avait saisi dans le but de lui envoyer. Tout a été donné. Le cadastre, rien n’est caché. Quand on a reçu la demande on a fait des recherches. On est disposé à vous recevoir pour voir ce que nous avons fait.»

Il a également précisé la localisation des biens concernés : « au-delà de Conakry, c’est Kankan. »

Sur la question des éventuels prête-noms, il a expliqué la méthode utilisée : « avec les proches ce n’est pas facile. Mais quand c’est à son nom, c’est son nom qu’on recherche dans les archives. Tout ce qui est immatriculé et saisi, c’est dans la base de données. »

Et concernant la considération à faire par rapport aux différentes listes transmises à la cour, le témoin a indiqué que c’est celle qui date du 28 mai 2025, qui est la plus actuelle.

Interrogé sur l’appartenance à Diané des biens inscrits aux noms de tierces présences, il a répondu : « ce n’est pas pour lui. C’est pour les noms qui sont là-bas. »

Il a toutefois reconnu certaines difficultés : « partout il y avait des doutes, on a mis. Partout où les gens disaient c’est pour Dr Diané, c’est pour Dr Diané.»

Et d’ajouter sur les délais : « quand ils nous demande des enquêtes, qu’ils attendent qu’on finisse. On a eu que 3 jours pour faire les enquêtes». »

Renvoi de l’affaire et nouvelles convocations

À l’issue de l’audience, l’affaire a été renvoyée au jeudi 11 juin 2026.

Avant de lever la séance, le juge a ordonné plusieurs comparutions et demandes de documents, notamment :

La comparution de Mohamed Lamine Traoré, ancien DAAF à la Présidence

La comparution de la fille de Mohamed Diané, M’mahawa Diané

La communication de la liste des véhicules immatriculés au nom du prévenu

La comparution de l’entrepreneur Sekou Kaké

L’identification des biens immobiliers du prévenu par les services du cadastre et de la conservation foncière

L’affaire reste donc en cours d’instruction en appel, avec de nouvelles auditions attendues à la prochaine audience.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com

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Last modified: 21 mai 2026

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