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Télécoms en crise : la FESATEL hausse le ton et menace de grève

21 mai 2026

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Le secteur des télécommunications en Guinée traverse une zone de fortes tensions. Ce jeudi 21 mai 2026, la Fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL) a organisé un point de presse à travers lequel elle a exprimé de vives préoccupations sur la situation actuelle du secteur et brandi la menace d’un mouvement de grève après les prochaines élections législatives.

Après plusieurs mois de mises en garde, la centrale syndicale estime que la situation n’a pas évolué dans le bon sens. Elle affirme être prête à employer tous les moyens légaux pour défendre les droits des travailleurs. Dans sa déclaration rendue publique par Jérôme Haba, membre du bureau de la fédération, la FESATEL a rappelé qu’elle « se réserve le droit d’utiliser tous les moyens légaux et syndicaux reconnus » afin de faire entendre sa voix et protéger les intérêts des travailleurs du secteur.

L’interdiction des « wifi zones » au cœur des critiques

Parmi les sujets les plus contestés figure la décision de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) d’interdire les activités dites de « wifi zone ». Une mesure que la FESATEL juge pénalisante pour une large partie de la population, notamment les jeunes et les étudiants.

Selon la déclaration syndicale, cette décision « affecte durement des milliers d’étudiants aux moyens modestes ».

Elle ajoute que : « ces étudiants utilisaient ces services comme principal outil d’accès à la recherche, aux supports pédagogiques, aux cours en ligne et aux ressources numériques. Pour beaucoup, les Wifi zones représentaient l’unique solution d’accès abordable à Internet et aux technologies de l’information ».

MTN et Cellcom également dans le viseur

La FESATEL s’est également penchée sur la situation de certaines entreprises du secteur, notamment MTN-Guinée et Cellcom SA.

Concernant MTN-Guinée, la fédération appelle à « l’urgence d’une vision claire et durable » pour stabiliser le secteur.

Pour Cellcom SA, les critiques sont plus sévères. La FESATEL évoque une situation sociale difficile pour les travailleurs. Elle déplore notamment des retards de paiement et une instabilité dans la gestion des ressources humaines. Selon la déclaration, « depuis le rachat de Cellcom, les travailleurs ne perçoivent plus leurs salaires dans les délais prévus par le Code du travail guinéen, les paiements intervenant désormais en moyenne après quarante-cinq (45) jours de travail effectués. À cela s’ajoutent une baisse significative des revenus des travailleurs ainsi qu’une succession de licenciements pour motifs économiques, accentuant davantage la précarité sociale et l’inquiétude au sein du personnel ».

Fibre optique et régulation contestées

Autre point de discorde : le non-respect du protocole d’accord signé le 19 août 2021 et l’interdiction du déploiement de la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH). Pour la FESATEL, ces décisions freinent le développement du secteur numérique.

La fédération estime que cette situation constitue « un frein à l’investissement, à l’innovation, à l’inclusion numérique et à l’amélioration du taux de pénétration d’internet en Guinée ».

Elle poursuit en affirmant que : « elle ne favorise également ni la disponibilité, ni la qualité, ni l’accessibilité des services Internet à haut débit au bénéfice des consommateurs guinéens, contrairement aux standards observés dans de nombreux autres pays où le FTTH constitue aujourd’hui un levier essentiel de développement économique, éducatif et technologique ».

Appel à la mobilisation et menace de grève

Dans sa prise de parole, le secrétaire général de la FESATEL, Abdoulaye Barry, a adopté un ton ferme face à la situation. Il a appelé les travailleurs à rester mobilisés, tout en annonçant une action syndicale après les élections législatives. « Je voudrais rappeler une chose : on ne peut pas nous influencer, on ne peut pas nous intimider. Comme ce sont les élections législatives, je demanderai à tous ceux qui sont là, pour le moment, d’attendre que les élections législatives prennent fin. Pourquoi faut-il attendre ? Il faut éviter de confondre notre lutte. Après les élections législatives, nous allons tout de suite déposer un préavis de grève dans le secteur de la téléphonie. Comme nous l’avons dit dans notre déclaration, aujourd’hui en Guinée, aucun réseau ne fonctionne normalement. Ça, c’est par la faute de l’ARPT. C’est ça, la vérité. Quand on refuse le FTTH, ça veut dire que tout le monde n’a qu’à utiliser la même route pour tous les services », a-t-il indiqué.

Un climat de tension persistant

Cette sortie intervient dans un contexte déjà marqué par des désaccords entre la FESATEL et les autorités du secteur. Les discussions entre le ministère de la Communication et la fédération syndicale autour du cas Cellcom semblent actuellement bloquées.

Par ailleurs, l’ARPT refuse toute collaboration avec la FESATEL tant que certains de ses membres restent associés aux activités de « wifi zones », un point qui continue d’alimenter les tensions entre les deux parties.

Dans ce climat déjà fragile, la menace d’une grève annoncée après les élections pourrait encore accentuer les incertitudes dans le secteur des télécommunications en Guinée.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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Last modified: 21 mai 2026

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