
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a honoré, ce vendredi 22 mai 2026, à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, les meilleures enseignantes-chercheuses et étudiantes de Guinée à travers la 10ᵉ édition de la cérémonie de remise des prix d’excellence.

Une initiative qui a réuni des autorités universitaires, des cadres ministériels, des représentants du CNT, des étudiants et des partenaires internationaux, et qui a consacré sept femmes dans un contexte encore marqué par de fortes inégalités de représentation.
Au total, sept femmes ont été récompensées pour leurs performances académiques et scientifiques, incarnant l’excellence dans un environnement universitaire encore confronté à des défis de représentativité féminine.
Ouvrant les interventions, le recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le professeur Daniel Lamah, a salué une initiative qui valorise des parcours d’excellence et traduit une volonté de construire un enseignement supérieur plus inclusif. Il a souligné que cette cérémonie met en lumière « le talent, la persévérance, la rigueur et l’engagement » des femmes et jeunes filles engagées dans la recherche et l’enseignement.

Le recteur a plaidé pour une ouverture plus large de la reconnaissance scientifique à toutes les disciplines, notamment les sciences humaines, sociales, juridiques, économiques, ainsi que les arts et lettres. Il a rappelé que l’investissement dans l’éducation et la recherche reste un levier stratégique de développement. « Il y a des talents dans tous ces domaines pour le développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Prenant la parole, la cheffe du service Genre et Équité du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bintougbè Diakité, a dressé un état des lieux chiffré de la situation des femmes dans le secteur. Elle a indiqué que les femmes restent encore minoritaires dans les carrières académiques, les filières scientifiques et les postes de responsabilité.
Selon les données présentées, les femmes occupent encore une faible proportion dans la recherche scientifique et dans les instances de décision universitaire. Elle a également révélé des résultats issus du suivi des lauréates : 56,2 % déclarent une progression professionnelle après leur distinction, 31,3 % n’observent pas de changement notable, 44,4 % accèdent à davantage de responsabilités d’encadrement et 22,2 % développent des collaborations scientifiques renforcées.
Elle a souligné que ces résultats montrent un impact réel, mais encore insuffisant, du programme d’excellence.
Elle a aussi annoncé plusieurs initiatives en cours, notamment la formation de 250 femmes titulaires de PhD d’ici 2035, la lutte contre le harcèlement en milieu universitaire et la mise en place d’un numéro vert. « Malgré les avancées enregistrées, les femmes restent sous-représentées dans les filières scientifiques et les postes de responsabilité », a-t-elle insisté.
Moment fort de la cérémonie, les sept récipiendaires, représentées par Adèle Dramou, ont livré un témoignage long et émouvant. Elle a rappelé que cette distinction est le résultat de nombreuses années d’efforts, de sacrifices et de persévérance.
« Ce prix n’est pas seulement une reconnaissance de nos accomplissements personnels, mais le fruit de l’engagement, du travail acharné et de la persévérance », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur les obstacles rencontrés par les femmes dans le milieu académique. « Nous avons toutes dû prouver non seulement nos capacités, mais aussi notre résilience face aux préjugés et aux obstacles », a-t-elle confié.
Elle a également mis en avant la solidarité entre les sept lauréates. « Ce prix symbolise la solidarité entre femmes qui se soutiennent et se motivent mutuellement à dépasser leurs limites », a-t-elle ajouté. Elle a précisé que ces femmes représentent différentes disciplines, mais partagent les mêmes combats et la même détermination.
Elle a enfin adressé un message aux jeunes filles. « Ce prix est un appel à croire en soi, à persévérer et à oser l’excellence », a-t-elle lancé sous une forte ovation.
La représentante de la vice-présidente du CNT a, pour sa part, encouragé les étudiantes à suivre l’exemple des lauréates. Elle a dénoncé les discours qui remettent en cause les compétences féminines. « On réclame souvent l’égalité, mais on dit qu’il n’y a pas de femmes compétentes. Je ne suis pas d’accord », a-t-elle martelé. Elle a annoncé que des travaux sont en cours pour une future loi sur la parité au sein du CNT.
Présidant la cérémonie au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la professeure Fanta Touré a clôturé les interventions en rappelant l’engagement du département en faveur de la promotion du mérite et de l’équité. Elle a souligné que l’égalité entre les hommes et les femmes constitue une condition essentielle du développement durable.
« Aucun pays ne peut atteindre pleinement ses objectifs sans la participation effective des femmes dans les espaces de savoir et de décision », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur les obstacles persistants, notamment les stéréotypes, le manque de modèles féminins et les pesanteurs socioculturelles.
S’adressant directement aux sept lauréates, elle a salué leur mérite et leur parcours. « Chères lauréates, par vos résultats et votre ténacité, vous prouvez que le mérite n’a ni genre ni limite », a-t-elle affirmé. Elle les a encouragées à continuer à inspirer les jeunes filles et à occuper davantage de responsabilités dans le milieu académique.
Elle a enfin réaffirmé l’engagement des autorités à soutenir l’excellence féminine et à renforcer l’équité dans l’enseignement supérieur. « Avec la discipline, le courage et la détermination, chaque ambition peut devenir une réalité », a-t-elle conclu sous les applaudissements de l’assistance.
Christine Finda Kamano
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Last modified: 22 mai 2026




