
Cartouchard à l’UCAD, vacataire dans des universités de Conakry vers les années 2000, bref passage au SNU puis recruté à Jeune Afrique par miracle sur la base d’un sujet traité au SNU et qui avait intéressé le patron du journal. Une aubaine pour ce miraculé dont le CV peut tenir dans la paume d’un bébé.
D’emblée, Yérim fait fi des règles du journalisme. Son objectif unique et immédiat est de devenir riche. Plus riche que Crésus. Un rêve d’enfant devenu chez lui une obsession au fil des ans. Sa stratégie est simple mais inique : se transformer en maître chanteur. Ses cibles ? Les grands de ce monde qui nous gouvernent.
Son baptême du feu à Jeune Afrique, Yérim le consacre à la Guinée, la terre de ses beaux-parents. Sa première cible sera le président Lansana Conté (PSL). Deux articles consécutifs dans deux numéros successifs : « La Guinée en agonie » et « La descente aux enfers ». Deux articles qui font dresser les cheveux sur la tête.
Dans ces articles, Yérim caricature un pays et son président, tous deux en agonie. Le président Conté, officiellement à Kiev et à Moscou pour une visite d’État, serait, d’après Yérim, à Moscou entre les mains de médecins russes qui tentent vaille que vaille de le maintenir en vie. À l’opposé, une Guinée exsangue, au bord du gouffre, avec une économie décadente et un peuple aux abois. Voilà le scénario cauchemardesque de Yérim pour décrire une Guinée qu’il venait pourtant juste de quitter pour rejoindre Jeune Afrique.
Ces articles immondes et truffés de mensonges, qui font honte aux hommes et aux génies, étaient évidemment écrits à dessein. Yérim comptait faire trembler Lansana Conté, espérant une rapide « invitation » au palais pour, selon la formule consacrée, lui « clouer le bec ». Mal lui en prit, car Lansana Conté ne lisait aucun journal et ne suivait que la RTG. Donc échec et mat pour l’« apprenti maître chanteur », tombé sur une cible cuirassée.
Yérim ne démord pas et reste en Guinée. Sa prochaine cible sera Lansana Kouyaté. Griot de grande lignée, son image ne le laisse naturellement pas insensible. Donc cible idéale pour Yérim. Ainsi, pour un focus d’une page dans les colonnes de Jeune Afrique, il aurait accepté de casquer 46 000 euros, austérité oblige.
Pour un article qui ferait les louanges et les éloges d’un Premier ministre dont le mandat n’a duré que le temps d’une rose et dont les réalisations peuvent s’énumérer sur les doigts d’une main. Mais cela n’est pas la préoccupation de Yérim. Son argumentaire à lui vient de sa cruelle imagination, pas des faits. Et le chéquier est sa télécommande.
Dieu étant le plus juste des juges, ce qui devait arriver arriva : le deal éclata avant terme et la presse locale s’empara de l’affaire. Ce qui s’est réellement passé, seuls Dieu, Kouyaté et Yérim peuvent le dire. En tout cas, l’article ne verra jamais le jour et pourtant, selon les dires, la facture avait déjà atterri sur le bureau de Kouyaté.
Ainsi, Yérim essuie son deuxième revers en terre africaine de Guinée, la terre de ses beaux-parents, où il perçut le premier salaire de sa vie, connut le premier vrai amour de sa vie qui conduisit à son premier mariage et, sans doute, porta le premier costume de sa vie. Sacré bonhomme !
Le découragement n’est pas Yérim. Il revient à la charge en Guinée. Cette fois, ses missiles sont braqués sur le camp Alpha Yaya, où le nouvel homme fort du pays, Dadis Camara, capitaine de son état, a installé ses quartiers.
L’entretien à bâtons rompus et plein de cordialité que le nouveau chef de la junte avait accordé quelques semaines auparavant à Cécile Sow, sa consœur, avait suscité chez Yérim un enthousiasme béat et une certaine excitation, dans l’idée que Dadis serait une proie facile qui mordrait à l’hameçon dès le premier contact.
Dadis le reçut au camp et Yérim exposa son deal. Difficile de dire si c’est la nature du deal ou son coût qui fâcha le chef de la junte. Toujours est-il qu’il entra subitement dans une colère hystérique devant une assistance médusée. Pris d’une peur bleue, Yérim quitta précipitamment le camp. D’après les mauvaises langues, il dormit cette nuit-là sur les étals du marché de Gbenguéma pour se cacher de Dadis, qui avait laissé partir « cet autre escroc international ».
Mais Yérim est toujours prêt à récidiver. Et c’est le moins que l’on puisse dire. Il a un objectif : s’enrichir, par tous les moyens. C’est pourquoi il passe sur les humiliations. La honte, il ne connaît pas. La risée, c’est pour les autres. Il atteindra son but, quelles qu’en soient les conséquences. Voilà Yérim.
L’article Cheikh Yérim : un Seck à sec (Par Yérim) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 25 mai 2026




