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CRIEF : le parquet requiert 10 ans de prison contre Ibrahima Chérif Bah

26 mai 2026

Le dossier d’Ibrahima Chérif Bah,ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a été requis et plaidé devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), ce mardi 26 mai 2026. Les débats ont été ouverts par les plaidoiries de l’avocat de l’Agence judiciaire de l’État (AJE).

Me Gabriel n’a pas été long dans son intervention, au motif qu’il avait déjà produit des écritures versées au dossier. Toutefois, il a tenu à préciser que les faits reprochés au prévenu sont, selon lui, établis à son encontre. Il a notamment indiqué que les enquêtes menées sous le régime du CNDD dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara ont révélé qu’un montant de 10,5 millions dollars aurait quitté les caisses de la BCRG sans laisser de trace.

Me Gabriel souligne également que le rapport d’enquête révèle qu’Ibrahima Chérif Bah aurait reconnu la sortie de cette somme de la BCRG. Cependant, il n’aurait pas été en mesure de justifier cette opération, affirmant avoir agi sur instruction du président de la République au profit d’une organisation internationale humanitaire.

L’avocat a aussi évoqué l’absence du prévenu aux audiences, malgré la constitution d’avocats pour assurer sa défense. Malgré cela, la CRIEF en première instance avait rendu une décision par défaut. Une situation que l’avocat de l’AJE dit ne pas partager. C’est pourquoi il a interjeté appel et demandé à la chambre des appels de rendre une décision suivant une procédure contradictoire.

À la suite de l’avocat de l’AJE, le ministère public, représenté par Alphonse Charles Wright, a pris la parole pour présenter les réquisitions du parquet spécial de la CRIEF.

Dans l’exposé des motifs ayant conduit à l’appel contre la décision de première instance, il a rappelé que le 5 mai 2025, la CRIEF avait renvoyé Chérif Bah des fins de la poursuite pour les faits de « vol, corruption et complicité », mais l’avait déclaré coupable des faits de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ». Pour la répression, il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de cinq milliards de francs guinéens.

Selon Charles Wright, le parquet a fait appel parce qu’il n’est pas d’accord avec une partie de cette décision, ce qui a motivé son recours.

Concernant les débats devant la chambre des appels, le procureur spécial a rappelé que Chérif Bah avait également relevé appel contre la décision de première instance, sans toutefois comparaître. Le ministère public souhaite ainsi qu’il soit jugé contradictoirement. Il a soutenu que des citations lui avaient été adressées et déposées à son domicile par voie d’huissier, mais qu’il n’avait pas répondu à ces convocations. Pour cette raison, le parquet a demandé l’application de la peine maximale.

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé à la Cour de rendre une décision contradictoire, contrairement à la procédure de première instance qui avait abouti à un arrêt par défaut. Il a également évoqué le cumul d’infractions et sollicité l’application des articles 93 et 94 du Code pénal ainsi que de l’article 599 du Code de procédure pénale afin de condamner Chérif Bah à la peine maximale.

Ainsi, le procureur spécial Charles Wright a requis de la Cour qu’elle infirme partiellement la décision de première instance, condamne Ibrahima Chérif Bah à dix ans d’emprisonnement et maintienne la saisie de ses biens au profit de l’État, conformément à la décision contestée.

Le président de la Cour, Francis Kova Zoumanigui, a mis le dossier en délibéré pour une décision être rendue le 9 juin 2026.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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Last modified: 26 mai 2026

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