
Face aux nombreuses critiques et interrogations sur l’état de salubrité dans la capitale guinéenne, a apporté des clarifications sur le fonctionnement actuel de la gestion des déchets à Conakry et les réformes envisagées par son département.
Dans une communication à caractère pédagogique, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a rappelé que la gestion des déchets solides relève principalement des collectivités locales, sous la coordination du Gouvernorat de Conakry.
Selon lui, ce sont les communes qui recrutent les PME chargées de la pré-collecte des ordures, organisent leur déploiement sur le terrain et assurent le suivi de leurs activités. Les ménages doivent, de leur côté, s’abonner auprès de ces structures afin de bénéficier d’un service régulier d’enlèvement des déchets.
Le ministre a également précisé que l’Agence nationale de l’assainissement et de la salubrité publique (ANASP) joue le rôle de bras opérationnel du département en charge du suivi, de la régulation et de l’accompagnement des communes dans l’application de la politique gouvernementale en matière d’assainissement.
Abordant la question des dépôts sauvages d’ordures observés dans plusieurs quartiers de Conakry, Aboubacar Camara reconnaît l’existence de nombreuses difficultés opérationnelles auxquelles sont confrontées certaines PME de collecte.
« Certaines ne disposent pas d’équipements suffisants. D’autres ne respectent pas toujours leurs calendriers de collecte », a-t-il expliqué, estimant toutefois que ces insuffisances ne sauraient justifier les dépôts anarchiques d’ordures sur la voie publique.
Le ministre invite ainsi les citoyens à signaler les dysfonctionnements auprès des chefs de quartiers ou de secteurs afin que les communes puissent prendre les mesures nécessaires.
Dans son analyse, le patron du département de l’Assainissement évoque plusieurs faiblesses structurelles qui affectent durablement le système actuel. Il souligne notamment le manque de moyens techniques et financiers des PME, dont la plupart ne disposent que de tricycles pour assurer le ramassage des déchets dans une ville où la production d’ordures ne cesse d’augmenter.
À cette réalité s’ajoute, selon lui, une perception longtemps négative des métiers liés à l’assainissement, qui a freiné l’émergence d’entreprises nationales solides dans ce secteur.
Pour inverser la tendance, le gouvernement affirme vouloir s’attaquer aux causes profondes du problème. Aboubacar Camara annonce ainsi la mise en place prochaine d’un mécanisme de financement durable destiné à renforcer toute la chaîne de gestion des déchets.
Le ministre rappelle que le principe du « pollueur-payeur » n’a jamais véritablement été appliqué en Guinée, tout en évoquant d’autres leviers de financement, notamment les contributions des entreprises à travers leurs politiques de responsabilité sociétale (RSE).
Dans cette dynamique, des dossiers d’appel d’offres seraient en cours de finalisation pour permettre le recrutement d’entreprises « plus robustes et mieux équipées », capables d’assurer une collecte moderne des déchets jusqu’aux sites de traitement et de décharge.
Autre chantier annoncé : la réforme de la gestion des grands marchés du Grand Conakry, qui produiraient à eux seuls plus de 30 % des déchets quotidiens de la capitale.
Selon le ministre, des contrats spécifiques seront bientôt signés entre les administrateurs de marchés, les communes et des entreprises spécialisées afin de professionnaliser la collecte des déchets dans ces espaces commerciaux.
Le futur mécanisme de financement devrait également permettre d’accompagner financièrement les communes, de professionnaliser les PME, de soutenir les groupements de femmes impliqués dans la salubrité, d’assurer la maintenance des équipements, de moderniser les zones de tri et de transit, mais aussi de renforcer les campagnes de sensibilisation menées par les ONG.
Enfin, annonce le recrutement prochain de plus de 5 000 brigadiers. Leur mission portera à la fois sur la lutte contre l’insalubrité, la sensibilisation citoyenne et l’éducation environnementale.
« L’assainissement n’est pas seulement une question de déchets, c’est une question de citoyenneté », a-t-il insisté, appelant à une mobilisation collective pour construire « une Guinée plus propre, plus saine et plus digne ».
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 29 mai 2026




