
Une vidéo montrant une altercation entre une élève et un enseignant dans une salle de classe du Groupe scolaire HAMAS continue d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux.
Pour comprendre ce qui s’est réellement passé, notre rédaction s’est rendue à la Cimenterie où se trouve l’école. Sur place, nous avons rencontré les responsables de l’école ainsi que les personnes concernées, même si ces dernières n’ont pas souhaité s’exprimer devant notre micro.
Interrogés, les responsables de l’établissement ont apporté des explications sur cet incident survenu il y a plus d’un mois et qui implique Aïcha Kallé, élève en 12e année Sciences sociales, et Daouda Sow, un enseignant en période d’évaluation pour un éventuel recrutement.
Selon Mamadou Barry, censeur de l’établissement, Daouda Sow n’était pas un enseignant titulaire de l’école. Il s’était présenté dans le cadre d’une recherche d’emploi afin de remplacer provisoirement un professeur de Français malade et évacué au Sénégal pour des soins.
« C’est un enseignant qui était à la recherche de l’emploi. Vu que nous avions un professeur de français malade, qui a subi une intervention chirurgicale et a été évacué au Sénégal, il restait encore un mois de cours. Nous avons donc cherché quelqu’un pour accompagner les élèves », explique-t-il.
Le censeur affirme que le candidat a d’abord été soumis à une séance d’évaluation devant des élèves de 12e année Mathématiques et de 11e année Sciences sociales.
« Les élèves sont venus me voir pour m’expliquer que l’enseignant s’exprimait bien et qu’il pouvait enseigner. Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de problème », poursuit-il.
Selon lui, c’est à la demande d’une élève que l’enseignant a ensuite été orienté vers une classe de 12e année Sciences sociales. C’est dans cette salle que l’incident se serait produit.
Mamadou Barry affirme avoir été alerté par des bruits provenant de la classe alors qu’il dispensait lui-même un cours dans une autre salle.
« Je suis venu trouver l’enseignant et l’élève en question. J’ai pris la main de l’élève pour la faire descendre. Difficilement même, parce qu’elle voulait se battre », raconte-t-il.
D’après les explications que lui aurait fournies l’enseignant, celui-ci avait demandé aux élèves de choisir une partie du programme à réviser. Le thème retenu aurait été « Réveil de conscience ». Au cours de l’explication, l’enseignant aurait remarqué qu’Aïcha Kallé s’était couchée sur son banc.
Toujours selon la version rapportée par le censeur, l’enseignant aurait demandé à l’élève de se lever ou de quitter la salle si elle ne souhaitait pas suivre le cours. Face au refus de cette dernière, il aurait tenté de prendre son sac afin de la faire sortir.
« La fille aussi s’est levée et est partie prendre le sac de l’enseignant. Elle a jeté le sac et même les documents que j’avais donnés à l’enseignant sont tombés par terre », affirme Mamadou Barry.
Le responsable indique avoir désapprouvé la réaction physique de l’enseignant malgré les circonstances évoquées.
« Je lui ai dit de rentrer dans ma salle. Il était sous test et, pour le moment, je ne pouvais pas travailler avec lui. Je n’ai pas aimé le fait qu’il ait donné des coups », souligne-t-il, précisant que l’enseignant n’a finalement pas été retenu à l’issue de son évaluation.
De son côté, le proviseur de l’établissement, Eugène Bangoura, assure que la direction a immédiatement convoqué les parents de l’élève après l’incident.
« Après les explications de part et d’autre, les parents étaient même en colère. Ils avaient demandé à ce qu’on corrige la fille avec 50 coups. J’ai dit non, on ne peut pas répondre par la violence », rapporte-t-il.
Selon le chef d’établissement, la priorité était de sensibiliser l’élève sur le respect dû aux enseignants et d’éviter que de tels comportements ne se reproduisent.
Le proviseur reconnaît avoir lui-même été choqué par les images lorsqu’il les a découvertes.
« Nous sommes de ceux qui sensibilisent contre les violences faites aux filles à l’école. Quand j’ai vu la vidéo, cela m’a remonté. Mais je me suis dit qu’il fallait d’abord comprendre ce qui s’était réellement passé », explique-t-il.
Toujours selon lui, la vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux date de plus d’un mois et l’affaire semblait déjà réglée au niveau de l’établissement.
« On pensait que le problème était fini. Les parents nous avaient rassurés que la vidéo allait être supprimée », affirme-t-il.
Le proviseur indique également qu’une autre élève lui a reconnu avoir filmé la scène.
« Elle m’a fait savoir que c’est elle-même qui avait pris la vidéo, mais qu’elle l’avait fait comme preuve. Je lui ai expliqué qu’elle aurait dû saisir la direction au lieu de laisser la vidéo se retrouver sur les réseaux sociaux », dit-il.
Pour Eugène Bangoura, l’enseignant comme l’élève ont tous deux fait l’objet de mesures internes. L’enseignant n’a pas été recruté, tandis que l’élève a été sanctionnée avant que ses parents n’interviennent auprès de la direction.
« L’enseignant n’était pas un travailleur d’ici. Il était venu chercher du travail et était sous test. Quant à l’élève, il y avait même eu un renvoi avant que les parents ne viennent demander pardon et prennent l’engagement de mieux l’encadrer », conclut-il.
Christine Finda Kamano
L’article Vidéo virale au Groupe scolaire HAMAS : les responsables de l’école livrent leur version des faits est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 6 juin 2026




