
La cinéaste guinéenne, Isabelle Kolkol Loua, a été distinguée au niveau international en remportant le premier prix du court métrage de fiction à la 7ᵉ édition du Festival international des identités culturelles, tenu au Burkina Faso. Le trophée lui a été remis ce samedi 6 juin par le ministre de la Culture , en marge du lancement du Festival du Djembé et des percussions.

À cette occasion, la réalisatrice revient sur son émotion, la portée de cette distinction et ses ambitions pour le cinéma guinéen.
Bonsoir Madame. Vous êtes récipiendaire d’un prix cinématographique. Quel est votre sentiment ?
Je suis très honorée d’élever encore haut le drapeau de mon pays. Ce n’est pas la première fois, donc c’est toujours un honneur de pouvoir faire parler de mon pays positivement, à travers l’Afrique et à travers le monde.
Donnez-nous plus de détails sur ce prix.
C’est le premier prix fiction court métrage du Festival international des identités culturelles, qui était à sa 7ᵉ édition cette année et organisé au Burkina Faso. Beaucoup de pays ont pris part à ce festival. Heureusement, la Guinée, qui revient progressivement sur la scène cinématographique, se démarque petit à petit. Et c’est à travers mon film Cœur d’enfant que j’ai remporté ce trophée.
En quoi cette nouvelle consécration vous engage-t-elle ?
Ça m’appelle à faire beaucoup mieux, à retrousser encore les manches et à aller plus loin dans mes recherches. Lorsqu’on a un prix, ce n’est pas seulement une consécration, c’est aussi une responsabilité. Parce que tu deviens un modèle, quelqu’un qui inspire d’autres personnes. Donc il faut rester droite et travailler davantage pour que ceux qui nous suivent puissent marcher dans nos traces.
Parlez-nous de vos perspectives cinématographiques.
Je suis déjà en train de tourner mon prochain film, qui s’intitule La colère des ancêtres, et qui sera mon premier long métrage de fiction. Nous travaillons également sur l’organisation de plusieurs événements cinématographiques.
Notre objectif, c’est de créer une véritable industrie cinématographique en Guinée. Il existe déjà un écosystème avec différents corps de métiers, mais ce n’est pas encore suffisant. Il faut structurer davantage.
Regardez ce qui se fait ailleurs : au Nigeria, avec Nollywood, ou en Inde avec Bollywood. Même si ce sont des industries nationales, elles sont devenues des marques continentales et mondiales.
Pourquoi ne pas faire la même chose chez nous avec le Silywood ? Nous avons eu le Sily Cinéma, créé dans les années 1960 par feu Ahmed Sékou Touré. Avec les changements politiques, cette dynamique s’est arrêtée. Aujourd’hui, il est temps de renouer avec cet héritage et de construire une industrie forte.

Interview réalisée par Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 7 juin 2026




