
Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a présenté, ce mercredi 10 juin 2026, ses réquisitions dans l’affaire opposant l’État guinéen à Almamy Condé, poursuivi pour « détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment d’argent et corruption d’agents publics ».
À cette occasion, il a demandé à la Cour de le condamner à 10 ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 50 milliards de francs guinéens.
Dans son exposé des faits, Pierre Segbhé Kamano, l’un des substituts du procureur spécial, a rappelé les différentes fonctions occupées par le prévenu ainsi que son salaire en qualité d’agent public.
« Depuis son engagement à la fonction publique, il a bénéficié d’un salaire de quatre (4) millions de francs guinéens. D’après nos calculs, quelqu’un qui est payé à 4 millions pendant 20 ans perçoit 960 millions de francs guinéens », a souligné le magistrat.
Selon lui, Almamy Condé a été incapable de justifier l’origine licite de son patrimoine, composé notamment d’un immeuble R+10 à Kaloum, d’un bâtiment à Kountia et de deux stations-service UST.
Des accusations balayées d’un revers de la main par la défense du prévenu. Selon elle, son client est victime d’une jalousie familiale.
« On a une société faite de jaloux », a déclaré l’avocat.
Dans un premier temps, la défense a rapporté que le dénonciateur de son client a évoqué un montant de 27 milliards de francs guinéens relatif à la construction de l’aéroport de Faranah. Or, selon elle, « il n’y a ni rapport d’audit ni note comptable pour asseoir la conviction de la Cour que Almamy Condé a détourné des fonds. Être riche n’est pas une infraction. C’est par haine et jalousie qu’il a été traîné ici », a soutenu l’avocat.
Revenant sur l’origine de la fortune de son client, la défense a indiqué qu’elle proviendrait de la production agricole.
« Il a commencé par exploiter un champ d’ignames, ce qui lui a permis d’acheter des terrains. Par la suite, il a développé un champ de riz de 1 500 hectares ainsi qu’un champ d’anacardiers », a-t-elle expliqué.
Répliquant aux demandes de la partie civile et du procureur, l’avocat a demandé à la Cour de rejeter la constitution de l’État dans cette affaire et de prononcer la relaxe pure et simple de son client, Almamy Condé.
Pour conclure sa plaidoirie, la défense a sollicité le paiement de 100 milliards de francs guinéens à titre de dommages-intérêts pour abus de poursuites. Elle a également demandé la publication de la décision de relaxe, si celle-ci est prononcée, ainsi que la mainlevée des saisies conservatoires pratiquées sur les biens de son client.
C’est dans ce contexte que la Cour a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 24 juin prochain.
Lebêré Baldé
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Last modified: 10 juin 2026




