Ambassade de la R. de Guinée en Allemagne

Début des plaidoiries et réquisitions dans le dossier Mohamed Lamine Bangoura

10 juin 2026

Mohamed-Lamine-Bangoura-1-1

La chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a poursuivi, ce mercredi 10 juin, l’examen du dossier impliquant Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle (détenu), ainsi qu’Amadou Diallo ancien vice président, Sidiki Sylla ancien DAF de la cour constitutionnelle (en fuite) et Rouguiatou Barry

À la barre, Lancinet Kanko Kourouma, greffier en chef et partie civile dans cette affaire, est revenu sur les griefs qu’il formule contre les prévenus. « Je me suis constitué partie civile parce que j’ai subi des injustices, notamment, mon salaire qui a été détourné », a-t-il déclaré devant la juridiction.

Selon lui, alors qu’il exerçait les fonctions de greffier, il percevait un salaire mensuel de trois millions de francs guinéens. Il affirme que sa situation n’a pas évolué lorsqu’il a été mis en détachement à la Cour constitutionnelle. Poursuivant son témoignage, Lancinet Kanko Kourouma a soutenu qu’en 2019, un rappel financier important aurait été versé à l’institution. « En 2019, le rappel de ce décret est venu à la cour, un rappel de 9 milliards. Monsieur Mohamed Lamine Bangoura et ses conseillers se sont tout partagé », a-t-il accusé.

La partie civile affirme avoir entrepris plusieurs démarches pour faire valoir ses droits. « J’ai tout fait pour entrer en possession de mes droits. J’ai écrit au Président de la République, j’en ai parlé à deux ministres de la Justice et il y a même un ami de mon père qui était député qui est intervenu », a-t-il expliqué.

Pour l’ancien greffier en chef, Mohamed Lamine Bangoura et ses collaborateurs auraient refusé d’appliquer un décret définissant sa rémunération. « Je reproche à monsieur et à ses collègues d’avoir refusé de me payer mon salaire défini par un décret (…) Ils ont refusé d’appliquer le décret pour des raisons qu’ils connaissent », a-t-il soutenu.

Lancinet Kanko Kourouma évalue le préjudice financier qu’il dit avoir subi à plus de 2 milliards 238 millions de francs guinéens. Toutefois, il estime que son préjudice dépasse largement la seule question financière. « J’ai subi des choses qui n’ont pas été prises en compte dans ce calcul. Je ne suis pas là que pour l’argent. Mon honneur et ma dignité ont été bafoués. J’ai fait une grosse dépression. Si ce n’était pas la bonne amitié… j’aurais pu mourir », a-t-il confié.

Mohamed Lamine Bangoura conteste les accusations

Invité à réagir aux déclarations de la partie civile, Mohamed Lamine Bangoura a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Concernant les allégations de détournement liées aux salaires, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a assuré que cette question ne relevait pas de ses attributions. « La Cour constitutionnelle ne paie pas les salaires. C’est payé par les services centraux de l’État. Ce n’est pas une attribution de la Cour constitutionnelle. Je n’ai aucune possibilité de m’impliquer dans le paiement de salaire », a-t-il répondu.

Réagissant également aux déclarations du greffier en chef sur le fonctionnement de l’institution, Mohamed Lamine Bangoura a rappelé que celle-ci était composée de neuf membres. « La Cour constitutionnelle comprend neuf membres. Le greffier n’en fait pas partie », a-t-il affirmé.

L’ancien président de la Cour constitutionnelle a également contesté l’existence du rappel financier évoqué par son accusateur. « Il n’y a jamais eu de rappel de 9 milliards. Après le tirage au sort, c’était pour les trois conseillers comme prime de six mois, comme prime de séparation », a-t-il soutenu.

Des versions opposées sur la situation du greffier

Mohamed Lamine Bangoura a également répondu aux accusations relatives au traitement réservé à Lancinet Kanko Kourouma au sein de l’institution.

Selon lui, la partie civile ne l’aurait jamais officiellement saisi de ses préoccupations. « Il n’est jamais venu me voir. La seule fois que Kourouma est venu me voir, c’était à la mort de la greffière André », a-t-il déclaré.

L’ancien président affirme que, après ce décès, une décision avait été prise pour permettre à Lancinet Kanko Kourouma d’assurer l’intérim du poste de greffier en chef. « On a décidé de le mettre comme greffier en chef intérimaire par une ordonnance. Mais on ne peut pas le payer complètement sans un arrêté (…). Je lui ai conseillé… », a-t-il expliqué.

Après ces échanges, la cour a ordonné l’ouverture de la phase des réquisitions et plaidoiries.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com

L’article Début des plaidoiries et réquisitions dans le dossier Mohamed Lamine Bangoura est apparu en premier sur Guinee7.com.

Last modified: 10 juin 2026

Comments are closed.