
L’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, a comparu ce jeudi devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), dans le cadre de l’examen de son dossier.
À cette audience, Kabinè Doumbouya, conservateur foncier de Conakry, Faya Clément Tolno, directeur national des Domaines et du Cadastre, ainsi que Sékou Kaké, présenté comme un prête-nom présumé de l’ancien ministre, ont été entendus.
Les débats ont principalement porté sur une longue liste de biens immobiliers identifiés par les services de conservation foncière de Conakry, Kindia et Kankan. Le juge a passé en revue ces propriétés afin de permettre au prévenu de confirmer ou de nier leur appartenance à son patrimoine.
Plusieurs biens contestés à Conakry
Au fil des échanges, Dr Mohamed Diané a rejeté la propriété de nombreuses parcelles situées à Conakry et enregistrées sous différents noms.
Concernant notamment une parcelle située à Nongo, ex-raffinerie, au nom de Mamadou Mouctar Bah, il a affirmé : « ça ne m’appartient pas. »
Il a également nié tout lien avec plusieurs autres terrains situés à Nongo, Corniche, Yattaya, Lambanyi-Kobaya, Kipé, la Camayenne ou encore le quartier Cameroun, enregistrés au nom de diverses personnes physiques ou morales.
S’agissant des biens enregistrés au nom de son fils Ahmed Sékou Diané, notamment à Kipé et dans certaines localités de Kankan, l’ancien ministre a reconnu qu’ils appartenaient à ce dernier. Il a toutefois précisé ne pas avoir participé à leur acquisition.
À propos de certaines parcelles enregistrées au nom de Sékou Kaké, Dr Diané a constamment nié toute appartenance.
Des biens reconnus à Kankan
Contrairement à plusieurs propriétés situées à Conakry, Dr Mohamed Diané a reconnu être propriétaire de certains biens localisés dans la région de Kankan.
C’est notamment le cas de deux parcelles à Karifamoriah, d’un terrain à Bananoro Bordeaux, de parcelles à Batè Soyila, à Batè Nafadji, à Sékéfra, à Baladou Dalabani ainsi que de plusieurs biens situés à Missira.
À plusieurs reprises, il a indiqué que ces propriétés figuraient déjà dans sa déclaration de patrimoine.
En revanche, il a nié être propriétaire de certaines autres parcelles enregistrées au nom d’autres personnes ayant le même patronyme que lui. Évoquant notamment des terrains attribués à un certain Lansana Diané, il a déclaré : « je ne sais pas de quelle Lansana Diané il s’agit ».
Une nouvelle pièce du parquet suscite la colère de la défense
Alors que les débats se poursuivaient sur l’identification des biens, le parquet a introduit un document faisant état de deux paiements de 450 millions de francs guinéens qui auraient été effectués au profit d’un certain Mohamed Diané à partir de la Cour suprême.
Le ministère public a notamment attiré l’attention sur un numéro matricule figurant sur cette pièce.
Cette initiative a provoqué une vive réaction du prévenu et de ses avocats.
Dr Mohamed Diané a dénoncé ce qu’il considère comme une volonté de nuire à son image. Selon lui, « Qu’i s’agit d’un harcèlement judiciaire. Ce n’est pas plus un problème judiciaire. C’est autre chose Il faut trouver des documents pour me discréditer ».
L’ancien ministre a demandé la comparution des responsables financiers de la Cour suprême afin que toute la lumière soit faite sur ce document. Il a également soutenu que le numéro matricule mentionné ne correspond pas au sien.
De leur côté, les avocats de la défense ont demandé à la cour d’écarter cette pièce du dossier, estimant qu’elle n’a « aucune valeur juridique ».
Face à ces critiques, le parquet a répondu : « Nous respectons toutes les personnes qui sont jugés ici, en vertue de la présomption d’innoncence ».
Affaire renvoyée au 25 juin
Pour mieux distinguer les biens effectivement reconnus par le prévenu de ceux qu’il conteste, le président de la cour a demandé à Dr Mohamed Diané de présenter, lors de la prochaine audience, un état clair des propriétés qu’il reconnaît comme faisant partie de son patrimoine.
À l’issue des débats, l’affaire a été renvoyée au jeudi 25 juin 2026 pour la poursuite des échanges, avec la possibilité d’aborder ensuite les réquisitions et les plaidoiries.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 11 juin 2026




