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Procès du 28 septembre : la défense de Bienvenu Lamah plaide l’absence de responsabilité de commandement et réclame son acquittement

23 juin 2026

À la suite des plaidoiries des avocats de la défense et des réquisitions du ministère public dans le second volet du procès relatif au massacre du 28 septembre 2009, les avocats constitués pour la défense du colonel Bienvenu Lamah, présenté comme instructeur au camp de formation de Kaléyah au moment des faits, ont livré, ce mardi 23 juin 2026, leur plaidoirie devant le Tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry.

Me Pépé Antoine Lamah, premier à prendre la parole au nom du collectif d’avocats de cet officier de la Gendarmerie nationale, est revenu sur la question de la responsabilité de commandement, longuement débattue au cours des audiences. Il a évoqué une « absence totale des responsables de commandement de colonel Bienvenu Lamah » au camp de formation de Kaléyah.

Selon l’homme en robe noire, toute l’accusation, les plaidoiries des parties civiles ainsi que les réquisitions du ministère public « reposent que sur des jolis mots. De belles phrases. De belles rhétoriques. Tous ces propos ne sont soutenus que par aucun élément probant tendant à justifier que le colonel Bienvenu Lamah était le commandant ou le directeur de camp de Kaleyah. Impossible monsieur le président. Ce ne sont que des affirmations. Le colonel Bienvenu Lamah n’a jamais été le directeur du camp de Kaleyah ».

Dans sa plaidoirie, Me Pépé Antoine Lamah a soutenu qu’il est établi, et qu’aucune preuve contraire n’a été rapportée, que les directeurs du camp de Kaléyah étaient « Le commandant Djely Sidiman Kouyaté, le colonel Mamadou Saliou Baldé. Et le colonel Bienvenu Lamah était un simple instructeur. […] Monsieur le Président, le colonel Bienvenu Lamah, simple instructeur, n’avait aucun pouvoir disciplinaire sur les éléments de Kaleyah. Il n’avait aucun pouvoir de recrutement. Il n’avait aucun pouvoir de plaidoyer. Il n’avait aucune autorité sur ces recrues. Sans pouvoir hiérarchique il ne peut exister aucune responsabilité de commandement », a-t-il soutenu.

Évoquant ce qu’il qualifie d’affirmations fallacieuses, l’avocat a affirmé qu’au regard des éléments contradictoires débattus devant le tribunal, le colonel Bienvenu Lamah est « innocent. Il n’a pas sa place en prison c’est une victime de l’injustice, veuillez le rétablir dans ses droits, dans sa dignité monsieur le président ».

Revenant sur les témoignages recueillis au cours du procès, la défense du colonel Bienvenu Lamah a soutenu devant la juridiction que « Les principaux témoins sur lesquels la partie civile et le Ministère Public ont battu leur démonstration ont brillé par des inconstances, des incohérences, des contre-vérités grotesque », a-t-il expliqué.

Poursuivant sa plaidoirie, Me Pépé Antoine Lamah a déclaré : « Monsieur le président, messieurs les accesseurs, il ne reste plus qu’en application des dispositions de l’article 744 du code de procédure pénale établie que les faits poursuivis ne sont nullement établis en l’encontre du colonel Bienvenu Lamah. La défense dans ce dossier a souhaité plaidé non coupable. Pour cela monsieur le président, nous vous demandons très respectueusement de bien vouloir declarer irrecevable et mal fondée la demande de requalification en crime contre l’humanité et responsable de commandement dire et juger que les faits poursuivis ne sont pas imputables au colonel Bienvenu Lamah. Écartez avec vigueur et droiture les témoignages et fausses pièces dépourvues de toute valeur probante, de déclarer colonel Bienvenu Lamah non coupable des faits mis à sa charge, prononcer son acquittement pur et simple. »

L’avocat a également estimé que le ministère public, les avocats des parties civiles ainsi que la défense doivent comprendre que, dans ce procès, seul le droit doit primer. Selon lui, l’acquittement sollicité en faveur du colonel Bienvenu Lamah, « ne sera ni la défaite du Ministère Public, ni la défaite de la partie civile, ni la victoire de la défense, mais le triomphe du droit, le triomphe de l’État de droit et l’affirmation pure et simple de la légalité ».

Enfin, plaidant pour l’acquittement de son client, l’avocat a rappelé au président du tribunal et à ses assesseurs que cette décision constituerait un service rendu à la loi et au droit, tout en honorant le peuple de Guinée au nom duquel la justice est rendue.

Mamadou Yaya Barry 

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Last modified: 23 juin 2026

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