
Les débats dans l’affaire opposant le parquet spécial à l’entrepreneur et PDG de la Société générale Fella (SOGEFEL), Sékou Kaké, se sont poursuivis ce mardi 23 juin 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les réquisitions et plaidoiries sont, quant à elles, attendues le 30 juin prochain.
Le prévenu, actuellement en détention, est poursuivi pour des faits présumés de « blanchiment aggravé de capitaux et d’association de malfaiteurs ».
Devant cette juridiction, Sékou Kaké est notamment mis en cause pour avoir revendiqué la propriété de plusieurs immeubles attribués à l’ex-ministre de la Défense du régime déchu, Dr Mohamed Diané, et saisis par la CRIEF.
Lors de son interrogatoire, le patron de la SOGEFEL a rejeté tout lien avec l’ancien dignitaire du régime d’Alpha Condé. Il a rappelé que son entreprise, créée en 1999, existait bien avant l’entrée de Mohamed Diané au gouvernement. Il a également affirmé être issu d’une famille d’hommes d’affaires et avoir disposé de revenus importants avant même la création de son entreprise.
À l’audience du jour, le parquet spécial, représenté par Biwon Millimono, a indiqué que le prévenu a reconnu être propriétaire de trois immeubles à Conakry, notamment celui situé à Nongo, ex-Raffinerie, qui lui aurait été cédé par la société Sinceri Com ; l’immeuble R+14 situé au quartier Cameroun, qu’il affirme avoir acquis grâce à un contrat de crédit financé par la Banque populaire maroco-guinéenne ; ainsi que l’immeuble abritant les locaux de la SOGEFEL à Kaloum, qu’il aurait obtenu à travers un bail conclu avec l’État guinéen pour une durée de 30 ans.
Pour la manifestation de la vérité, a soutenu le parquet spécial, il est nécessaire que les parties prenantes au contrat conclu avec l’État guinéen comparaissent. Il s’agit notamment de Mathurin Bangoura, ancien ministre de l’Habitat en 2012, de Moustapha Naïté, ancien directeur général du Patrimoine bâti public, de l’ingénieur Lamine Diakité, ancien directeur national des Domaines et du Cadastre, ainsi que des représentants légaux de la société Sinceri Com et de la Banque populaire maroco-guinéenne.
Une demande à laquelle la défense, représentée par Me Sékou Traoré et Me Alseny Aïssata Diallo, s’est opposée. Les avocats ont demandé à la cour de passer outre et de renvoyer l’affaire à huitaine pour les réquisitions et plaidoiries.
Après avoir recueilli les différentes observations des parties, le président Francis Kova Zoumanigui a renvoyé l’affaire au 30 juin prochain pour la comparution à titre de témoins de Mathurin Bangoura, ancien ministre de l’Habitat, de Moustapha Naïté, ancien directeur général du Patrimoine bâti public, de l’ingénieur Lamine Diakité, ancien directeur national des Domaines et du Cadastre, du représentant légal de la société Sinceri Com et de celui de la Banque populaire maroco-guinéenne. Les réquisitions et plaidoiries sont également prévues à cette même date.
Elisa CAMARA
L’article Affaire Sékou Kaké à la CRIEF : les ex-ministres Mathurin Bangoura et Moustapha Naïté attendus à la barre en qualité de témoins le 30 juin est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 23 juin 2026




