
Conakry- Réunis ce samedi à la Bourse du travail de Conakry, les enseignants contractuels non retenus ont fait le point sur les négociations en cours avec les autorités. Si les responsables syndicaux se montrent optimistes quant à une issue favorable, ils préviennent qu’en l’absence d’un arrêté d’engagement avant la rentrée scolaire, une grève générale pourrait être déclenchée.
Plusieurs centaines d’enseignants contractuels non retenus venus de différentes préfectures du pays ont pris part à cette rencontre organisée à la Bourse du travail de Conakry. L’objectif était d’informer les concernés de l’évolution des discussions engagées avec le gouvernement en vue de leur intégration à la fonction publique.
Diaka Sow plaide auprès du président Doumbouya

Moment fort de la rencontre, Diaka Sow, coordinateur du collectif des enseignants contractuels non retenus de Guinée, s’est agenouillé pour lancer un appel au président de la République, le général Mamadi Doumbouya.
S’adressant également aux responsables de l’intersyndicale de l’éducation, il a averti que les enseignants n’excluent pas un mouvement de grève si leur situation n’est pas réglée avant la fin des vacances : « si notre arrêté d’engagement n’est pas signé pendant ces vacances, nous allons faire recours à l’intersyndicale de l’éducation. Aux secrétaires généraux, je porte la voix de 4 000 enseignants contractuels. Nous vous invitons rapidement à défendre notre dossier auprès du gouvernement. Faites tout votre possible pour que l’arrêté de 4 500 soit signé pendant ces vacances. À défaut de cela, vous allez nous permettre de déclencher une grève générale et illimitée. Tant qu’il n’y a pas d’arrêté d’engagement, il n’y aura pas de cours. Terminé ! »
Poursuivant son intervention, Diaka Sow a rappelé le parcours des enseignants concernés et plaidé directement auprès du chef de l’État : « j’adresse une plaidoirie au président Mamadi Doumbouya, père de tous les 4 000 enseignants contractuels. On est soumis à l’éthique du pays, on est partis enseigner dans les villages. Aujourd’hui, on a fait le concours spécifique à pratiques de classe et on a obtenu la moyenne requise. »
« Votre dossier est déjà traité », assure Mohamed Bangoura
Prenant la parole à son tour, Mohamed Bangoura, responsable de la communication du SLECG des contractuels communaux, a voulu rassurer les enseignants sur l’état d’avancement du dossier.
Selon lui, la commission chargée du traitement des dossiers a pratiquement achevé son travail : « je vous rassure que vous êtes déjà à la fonction publique. Le gouvernement nous a donné deux mois renouvelables une fois pour le traitement de votre dossier. Nous nous sommes dit que quatre mois, c’était trop. Il fallait réduire le travail à deux semaines. Si nous devons avoir de l’argent, ce ne sera pas sur le dos de ces pauvres enseignants qui souffrent et qui pleurent. »
Il a expliqué que le retard est lié à la volonté de s’assurer qu’aucun enseignant ne soit oublié : « de Conakry à Genève et de Genève à Conakry, nous avons fini de traiter votre dossier. Nous avons demandé les moyens logistiques et financiers afin d’aller jusque dans les localités les plus reculées pour vérifier qu’aucun enseignant n’a été oublié. Les recommandations étaient claires : si un seul enseignant manque sur la liste, nous en porterons l’entière responsabilité. Personne ne sera épargné. »
Michel Pépé Balamou promet un combat jusqu’à l’engagement
Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation, Michel Pépé Balamou, a réaffirmé le soutien de l’intersyndicale aux enseignants contractuels. Il estime que ces derniers ont déjà fait leurs preuves sur le terrain et doivent être engagés avant tout nouveau recrutement. « vous avez déjà été évalués en pratique de classe, devant vos élèves. Ces résultats existent. Si l’État veut organiser un autre concours, il est libre de le faire. Mais le préalable, c’est d’abord d’engager les 4 500 enseignants contractuels. »
Le syndicaliste a également dressé un constat préoccupant de l’école guinéenne : « aujourd’hui, l’école guinéenne est malade. L’école publique est malade. Elle manque d’enseignants, elle souffre de la faiblesse des apprentissages. Quand un élève passe huit mois sans professeur de physique ou de chimie, que peut-il faire à l’examen, sinon copier ? »
Selon lui, la priorité est de doter chaque classe d’un enseignant : « si nous voulons améliorer les enseignements et les apprentissages, il faut mettre un enseignant dans chaque classe et un professeur pour chaque matière. Et cela doit commencer par ceux qui ont passé huit ans à enseigner gratuitement dans les écoles de la République. »
Une menace de grève avant la rentrée
Michel Pépé Balamou a enfin averti que l’intersyndicale ne cautionnera pas une rentrée scolaire sans l’engagement des enseignants contractuels : « il n’y aura pas de possibilité d’ouvrir les classes dans ces conditions où il manque 18 000 enseignants dans l’école publique sans que vous soyez engagés. C’est politiquement, pédagogiquement et académiquement insoutenable. »
Il a assuré que toutes les organisations syndicales sont désormais mobilisées autour de ce dossier : « vos responsables nous ont demandé de mettre nos égos de côté pour défendre votre intérêt. Nous allons faire la paix au sein de l’intersyndicale pour votre dossier. Si nous avons le même objectif, nous devons conjuguer le même verbe. Croyez-moi, cela sera fait. »
Alpha Gassime Barry se veut optimiste
Pour sa part, Alpha Gassime Barry, secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), a estimé que le dossier des enseignants contractuels est désormais une priorité : « le combat que nous menons est un combat noble. Aujourd’hui, nous sommes réunis autour d’un dénominateur commun : l’engagement des enseignants contractuels non retenus. Nous vous avons toujours demandé de garder espoir et bientôt nous verrons le bout du tunnel. »
Il a salué les efforts des coordinateurs du collectif, de l’intersyndicale et du gouvernement, notamment à travers la mise en place d’une commission chargée du dossier : « il y a eu une avancée significative avec la mise en place de cette commission. Ce mérite revient au gouvernement. Le bonheur est près de nous. C’est vrai que nous avons souffert, mais bientôt il y aura du bonheur. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
L’article En larmes, Diaka Sow supplie le président Doumbouya : « Signez l’arrêté des enseignants contractuels » est apparu en premier sur Guinee7.com.
Last modified: 1 août 2026




