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Casimir Jagiełło à Karfamoriah: « Je voulais travailler dans un club ambitieux »

13 août 2026

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Conakry – De retour en Guinée,  Casimir Jagiełło entame une nouvelle aventure avec le Karfamoriah FC, où il occupera le poste de directeur sportif. Après avoir dirigé le Milo FC et le Hafia FC, avec lequel il a remporté le championnat de Guinée, puis une expérience en Mauritanie, le technicien polonais retrouve le football guinéen avec de nouvelles ambitions.

Dans cet entretien, il explique les raisons de son choix, évoque le projet du président du Karfamoriah FC, ses objectifs et sa méthode de travail, tout en adressant un message aux supporters du club.

Bonjour Coach Casimir Jagiełło, bon retour en Guinée. Vous retrouvez cette fois le Karfamoriah FC en qualité de directeur sportif, après le Milo FC et le Hafia FC, où vous avez été champion de Guinée. Qu’est-ce qui a motivé votre retour ?

Tout d’abord, c’est le discours du président du club qui m’a rappelé. Il m’a exposé son projet, qui est très ambitieux. Il m’en a parlé longuement et cela m’a beaucoup séduit. Mais déjà auparavant, j’avais constaté que Karfamoriah se montrait très percutant sur le marché des transferts, affichant clairement ses ambitions. Cela s’est confirmé lors de nos échanges avec le président.

Pourquoi avoir choisi Karfamoriah ?

Tout simplement parce que je voulais travailler dans un club ambitieux. J’avais des propositions au Burkina Faso, ainsi qu’en Côte d’Ivoire. Mais il s’agissait de clubs qui n’avaient pas la même ambition ni les mêmes possibilités de jouer les premiers rôles que Karfamoriah, selon le projet présenté par son président.

La deuxième raison, et elle est très importante, c’est que je connais très bien le monde du football guinéen. Je connais aussi le mode de vie ici. Je peux dire, avec beaucoup d’honnêteté, que la Guinée est devenue une deuxième maison pour moi, avec tous les bons moments que j’y ai passés.

Depuis votre départ de la Guinée, avez-vous été contacté par d’autres clubs avant votre retour ?

On ne va pas jouer les hypocrites. Déjà lorsque j’étais à Nouadhibou, j’étais contacté par de bons clubs guinéens qui souhaitaient me faire revenir en Guinée, notamment les clubs les plus ambitieux. Par respect, je ne vais pas citer de noms, mais j’ai eu des contacts très sérieux avec des clubs guinéens. J’avais même un contrat sous la main que je n’ai finalement pas signé. Mais aujourd’hui, je suis ici. Je rappelle aussi le ministre Kaba, qui a fait en sorte que je prenne cette décision.

Qu’est-ce qui vous a convaincu dans le projet de Karfamoriah ?

Les ambitions. Le sérieux et l’intelligence du président dans sa manière de présenter le projet ont également beaucoup compté. C’était vraiment difficile de ne pas l’écouter et, ensuite, de ne pas prendre une décision positive. Son discours était très cohérent et très logique.

Il n’y avait pas de fantaisie, pas de « on verra ». Tout était clair, tout était net et bien ficelé. Il y a notamment le projet de construction d’un site d’entraînement à Kankan, que je trouve formidable. Je sais que ce projet va voir le jour prochainement.
Tout cela a fait que nous n’avons pas trop traîné dans les discussions avec le président.

Quels sont les objectifs que le club vous a assignés, à vous et à vos collaborateurs ?

L’objectif est simple : faire figurer Karfamoriah parmi les meilleures équipes guinéennes et jouer les premiers rôles dans le championnat. Et si possible, jouer une compétition africaine l’année prochaine. Honnêtement, je pense que ce sont des ambitions réalisables. Ce ne sont pas des ambitions fantaisistes. Je sais que ce sera très difficile, parce que le championnat guinéen est extrêmement compétitif. Je l’ai toujours dit : il n’y a pas une grande différence entre les joueurs guinéens en termes de talent.

Il y a énormément de talent en Guinée. Maintenant, tout dépend de la mise en place de l’équipe, du travail tactique, du comportement des joueurs, de leur préparation et de la manière dont on les accompagne. C’est justement pour cette raison que le championnat est aussi difficile. Avant le dernier peut battre le premier. Sur certains matchs, on ne peut jamais être sûr de rien. C’est ce qui rend cette compétition excitante. Il faut être prêt et nous allons tout faire pour répondre à cette exigence.

Qu’est-ce que Casimir Jagiełło va changer ou améliorer à Karfamoriah ?

Je ne saurais pas vous le dire comme ça, parce que ce n’est pas dans mes habitudes de venir et de tout bousculer. Je suis plutôt quelqu’un de pragmatique. Je viens, je discute, j’observe, j’analyse et ensuite je prends mes décisions. Je ne viens jamais avec mes certitudes dans une maison. J’ai toujours procédé de cette manière.

Je l’ai fait au Milo et au Hafia. J’ai récupéré les éléments qui étaient déjà sur place. Nous avons analysé et discuté ensemble. Ensuite, j’ai introduit ma façon de voir les choses et ma méthode de travail. Cela nous a amenés à être champions de Guinée et à construire une équipe du Hafia très performante. C’est la même chose à Nouadhibou. Quand je suis arrivé, je n’ai pas tout bousculé. J’ai analysé, j’ai échangé avec les dirigeants et les staffs. Ensuite, j’ai apporté mes modifications et mes changements. Et nous avons été champions de Mauritanie.

Ce n’est donc pas dans mes habitudes de venir tout bousculer. Il faut d’abord savoir avec qui on travaille et comprendre le milieu dans lequel on évolue. Surtout, il faut discuter, donner du respect et collaborer avec les personnes qui sont déjà sur place. C’est très important pour moi d’avoir une osmose avec les gens qui travaillent déjà dans le club. Si, au cours de notre collaboration, certains problèmes apparaissent, nous prendrons les décisions qui s’imposent. Mais ma philosophie de travail reste la même : venir, observer, analyser et ensuite réagir.

Les clubs de l’intérieur sont souvent soumis à une forte pression. Avec les investissements réalisés par la direction de Karfamoriah, les attentes sont forcément importantes. Mesurez-vous la portée du projet et des ambitions du président Dr Khalil ?

À Hafia, c’était déjà la même chose. Il y avait l’obligation d’obtenir de bons résultats. À Nouadhibou également, il fallait faire de bons résultats. C’est la même chose ici.

Vous savez, si vous n’avez pas de pression et que vous venez simplement jouer les matchs sans ambition, ça ne va pas. La pression, il faut vivre avec. C’est normal. Nous ne sommes pas une équipe qui est là simplement pour participer. Nous sommes une équipe qui veut jouer les premiers rôles. Forcément, la pression sera toujours présente. Il faut l’assumer, vivre avec et surtout la canaliser. Il ne faut pas la transmettre à son entourage. Il faut être solide.

Je pense qu’avec mon staff et mon expérience, nous pouvons gérer tout cela. Mais nous savons que tout ne sera pas toujours rose.
Aujourd’hui, nous avons beaucoup d’ambitions et nous sommes très motivés. Mais je sais que les choses ne seront pas toujours aussi simples. Il faudra savoir gérer les moments difficiles et trouver les solutions pour les traverser avec le moins de pression possible.

Pour finir, quel message adressez-vous aux supporters de Karfamoriah, les « Six Kilos », comme on les appelle ici ? L’équipe va notamment participer au tournoi West Africa Champions Cup. Quel est votre message à leur endroit ?

Tout d’abord, je suis très content que nous soyons tombés rapidement d’accord avec le président sur les engagements et le projet. Cela nous permet de nous préparer et d’aller observer l’équipe pendant ce tournoi.

Je sais que les supporters de Karfamoriah sont nombreux et très exigeants. C’est pour cela que je leur demande de rester derrière nous. J’espère qu’ils seront fiers de leur équipe et qu’ils nous soutiendront dans les bons comme dans les mauvais moments. Parce que c’est ça, l’histoire d’un club. Quand tout va bien, tout le monde est content, tout le monde est gentil. Mais parfois, comme je vous le disais, les choses ne seront pas toujours roses. Et dans ces moments-là, nous aurons besoin de soutien, nous aurons besoin de supporters derrière nous.

Exigeants, mais fair-play.

Merci beaucoup coach

C’est à moi de te remercier Abdoul

Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com

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Last modified: 13 août 2026

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