EDITO- Après son incapacité d’organiser la CAN 2025, retirée par la CAF, la Guinée regarde à nouveau vers la Coupe d’Afrique des Nations. Et cette fois, les échéances de 2032 ou 2036 apparaissent comme de véritables objectifs. La question n’est donc plus de savoir si la Guinée aime la CAN. Elle l’aime.
La question est de savoir si la Guinée est enfin prête à organiser la CAN.
Une CAN, c’est une vision nationale : des infrastructures modernes, des routes praticables, des aéroports efficaces, des hôtels en nombre suffisant, des transports organisés, une sécurité irréprochable, une connectivité numérique performante et, surtout, une capacité à tenir les engagements pris devant la CAF.
La Guinée ne peut pas se permettre une deuxième désillusion.
Notre pays dispose pourtant d’atouts considérables. Une population passionnée de football, une histoire sportive forte, une jeunesse qui rêve de grandes compétitions et un potentiel touristique encore largement inexploité. Mais cette fois, il faudra aller au-delà des annonces.
2032 ne doit pas être un slogan. 2036 ne doit pas être un plan de secours. La Guinée doit choisir une échéance, bâtir un calendrier précis et définir une véritable feuille de route. Chaque stade à construire doit avoir une date de livraison. Chaque infrastructure doit avoir un financement identifié. Chaque ville hôte doit savoir ce qui est attendu d’elle.
Surtout, il faudra tirer les leçons de 2025.
L’échec d’hier doit devenir l’expérience d’aujourd’hui. La Guinée doit arriver devant la CAF avec un dossier solide, chiffré, réaliste et vérifiable. Elle doit convaincre non seulement par son ambition, mais par sa capacité à exécuter. La concurrence sera sérieuse et d’autres pays africains se positionnent déjà, notamment pour 2032. Mais au fond, notre candidature doit dépasser le football. Car, organiser la CAN peut être un accélérateur de transformation pour la Guinée.
La Guinée ne doit pas chercher à organiser la CAN simplement pour effacer le souvenir amer de 2025.
Elle doit la rechercher parce qu’elle veut démontrer qu’elle a changé, qu’elle s’est structurée et qu’elle est capable d’accueillir l’Afrique dans les meilleures conditions. 2032 ou 2036 : peu importe finalement la date si la Guinée se prépare sérieusement. Ce qui compte, c’est de ne plus être le pays qui promet. Il est temps de devenir le pays qui construit et qui respecte ses engagements.
La CAN 2025 nous a déjà échappé. Que 2032 ou 2036 soit l’occasion de montrer que la Guinée a appris de son histoire et des ses erreurs. Cette fois, l’ambition doit être à la hauteur du rêve. Et le rêve, lui, doit reposer sur du concret. Rien que sur du concret….
Mohamed LAMINE TOURÉ
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Last modified: 21 août 2026





