
Conakry-Plusieurs maisons ont été démolies dans le quartier Hamdallaye 1, dans la commune de Gbessia, vendredi 28 août 2026, par les autorités. Une route sépare désormais ces anciennes concessions de la décharge de Dar-es-Salam.
Parmi les bâtiments démolis figure un duplex appartenant à Kara Keïta. Ce dernier affirme que 40 années d’efforts ont été réduites en gravats en l’espace de deux heures.
« Je ne sais même pas par quoi commencer parce que, moi, j’ai trop confiance en mon État déjà. Je sais que la loi existe ici. Mais de voir une telle situation, c’est désolant. C’est désolant parce que je ne sais pas si ça pourrait arriver », a-t-il déclaré, debout au milieu des gravats de sa maison détruite.
Selon lui, lorsque des personnes s’installent dans un domaine sans autorisation, l’État devrait, avant toute démolition, les accompagner et leur permettre de se reloger. Dans son cas, affirme-t-il, la situation est différente puisqu’il dispose de documents attestant de la propriété de son domaine.
« Cet endroit, moi, je l’ai acheté depuis 1998. En 1998, quand je l’ai acheté, je suis allé voir les plans cadastraux ici. Je suis allé demander tout ce qu’il fallait pour vérifier directement si cet endroit n’appartenait pas à l’État ou s’il n’était pas situé dans une zone réservée. Donc, quand j’ai fait toutes les démarches au niveau de l’administration, j’ai trouvé que tout était clair. On m’a ressorti le plan cadastral, il est là, à côté, sur mon plan de masse. Ça a ressorti, et puis, à ce moment-là, j’ai établi, on m’a fait le titre foncier. Donc, il a été fait par l’arrêté qui est là. Le numéro est 91 73. Et tout a été fait en bonne et due forme. Quand l’État m’a autorisé, en me disant qu’il n’y avait aucun problème et que je pouvais être propriétaire de cet endroit, je me suis mis à investir », a expliqué Kara Keïta, tout en brandissant les documents délivrés par les autorités.
Kara Keïta ne vit pas en Guinée. Il réside en France. Il explique avoir investi progressivement dans cette maison avec ses revenus, notamment pour permettre à ses enfants de découvrir leur pays d’origine et qu’ils puissent l’hérité.
« Tout ce que je gagnais, je venais, j’ai commencé à construire jusqu’à ce que j’aie construit, et j’ai commencé à faire vivre mes enfants, en venant chaque vacance, passer leurs petites vacances avec des joies et ce qu’il faut. Parce que je veux montrer mon pays à mes enfants. Je pouvais être quelqu’un d’autre et, avec l’argent que je gagne, acheter une maison là-bas. Je suis sûr qu’aujourd’hui, je ne me retrouverais pas directement dans cet état. Même si l’État français voulait exploiter ou reprendre ce domaine, il ne le ferait pas de telle manière que je le voie là. J’allais savoir pourquoi et comment », a-t-il dénoncé.
Poursuivant son témoignage, Kara Keïta affirme avoir appris la démolition de sa maison alors qu’il se trouvait dans l’avion en direction de Conakry. Il explique avoir été informé qu’une croix avait été apposée sur sa maison avant son arrivée.
« J’ai trouvé que tout a été détruit. Je sais pertinemment que mon président, que je connais, mon président Mamadi Doumbouya, ne sera pas d’accord avec une telle situation. Parce qu’il sait comment nous, on vit en Europe. Il a vécu là-bas. Il sait qu’un centime, ça s’appelle un centime », a-t-il affirmé, visiblement désolé.
Face aux dégâts, le propriétaire dit également avoir perdu une partie importante de ses biens. « Où est-ce que je vais dormir ? Ma maison n’est plus là. Mes affaires, qui représentent des économies et des biens que j’ai mis dans la maison… Regarde ce qui se passe dedans. Il n’y a rien. La maison a été démolie avec les tôles et toutes les affaires dedans. Mes voitures, ce sont les voisins qui les ont traînées et les ont mises là-bas, parce qu’ils n’avaient pas la clé. Tout a été dépouillé dedans. Elles ne peuvent plus fonctionner. J’ai combien de matériels et combien de biens que j’ai amenés dans cette maison ? Je ne peux même pas estimer moi-même. Parce que je croyais que j’étais chez moi. Voir que je suis l’étranger chez moi, ça, je ne sais pas le dire et je ne sais même pas quoi dire », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, Kara Keïta n’exclut pas de saisir la justice afin d’obtenir réparation et d’être rétabli dans ses droits. Pour l’heure, il dit privilégier les démarches amiables, notamment les plaidoiries et les négociations auprès des autorités, dans l’espoir de trouver une issue à cette situation.
Bhoye Barry pour guinee7.com
Last modified: 30 août 2026




