
Conakry- Les marins-pêcheurs de Guinée maintiennent la pression. Après l’échec des dernières discussions sur la revalorisation de leurs salaires, les responsables du mouvement se sont rendus ce jeudi au débarcadère de Boulbinet pour constater l’application du mot d’ordre de non-embarquement lancé aux travailleurs de la pêche industrielle.

Sur place, les représentants des marins ont effectué une tournée auprès de plusieurs navires afin de vérifier la présence éventuelle d’équipages. Selon Ibrahim Dramé, président des boscos et porte-parole des marins-pêcheurs de Guinée, le mouvement est largement respecté.

Revenant sur l’état des négociations avec le patronat, Ibrahim Dramé estime que les propositions formulées jusque-là restent loin des attentes des travailleurs : « les négociations n’ont pour l’instant pas porté leurs fruits, car les revendications des marins n’ont pas été satisfaites. Nous demandons donc aux parties prenantes de faire un effort supplémentaire. La contre-proposition qui nous a été faite est insuffisante : une augmentation de 500 000 GNF, ce qui porterait le salaire à 3 millions au lieu des 6 millions demandés. C’est bien trop bas et cela ne répond pas à nos attentes. Nous souhaitons qu’ils revoient leur proposition à la hausse, car les négociations restent ouvertes. Nous verrons ce qu’ils peuvent concéder pour se rapprocher de nos revendications. »
Une forte adhésion au mot d’ordre

Pour s’assurer que les travailleurs respectent l’appel à ne pas prendre la mer tant qu’un accord n’est pas trouvé, les responsables des marins-pêcheurs ont également procédé à des vérifications à bord de plusieurs navires.
Ibrahim Dramé affirme que le constat effectué au débarcadère confirme, selon lui, une forte mobilisation des marins : « à ce stade, les négociations se poursuivent. Tout à l’heure, nous nous sommes rendus sur les navires par mesure de sécurité et pour nous assurer du respect du mot d’ordre. Comme nous l’avions annoncé hier, tant qu’un accord n’est pas trouvé, personne ne doit embarquer. Nous avons constaté sur place que le mouvement est très bien suivi : sur une vingtaine de navires inspectés, nous n’avons compté qu’une quinzaine de marins au total à bord. »
Le mouvement de contestation concerne uniquement la pêche industrielle. Du côté syndical, Ibrahim Dramé indique participer directement aux discussions avec le patronat : « ce mouvement concerne spécifiquement la pêche industrielle. À la table des négociations (côté syndical) : Je fais partie de l’équipe de négociation aux côtés du secrétaire général, des représentants syndicaux et des présidents. Du côté gouvernemental : Pour le moment, aucun représentant direct du gouvernement n’est impliqué. Nous négocions directement avec le patronat de la pêche. »
Pas de reprise sans accord satisfaisant

Pour l’heure, aucune nouvelle séance de négociation n’a été annoncée. Les représentants des marins disent attendre une nouvelle proposition après avoir rejeté celle portant sur une hausse de 500 000 GNF : « aucune nouvelle rencontre n’est programmée pour l’instant. L’offre ayant été rejetée, nous attendons d’être rappelés pour voir si un terrain d’entente est possible. Je tiens à saluer le courage et la discipline de tous les marins et collègues qui respectent scrupuleusement le mot d’ordre. Les navires ne pourront pas sortir en mer : d’une part parce qu’il n’y a pas d’équipage pour pêcher, et d’autre part parce que nous ne sommes pas d’accord. Aucun départ ne se fera sans un accord satisfaisant. »
Les marins-pêcheurs maintiennent ainsi leur position, dans l’attente d’une nouvelle proposition susceptible de rapprocher les deux parties. Pour l’instant, le mot d’ordre reste en vigueur.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 3 septembre 2026




