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Laye Sékou Camara au ministère de l’Énergie : le retour d’un bilan qu’on croyait enterré

9 septembre 2026

Il y a des retours qui interrogent plus qu’ils ne rassurent. Celui de Laye Sékou Camara au ministère de l’Énergie en fait partie.

L’homme n’est pourtant pas un inconnu du secteur. À la tête d’Électricité de Guinée (EDG), son passage a laissé un souvenir amer. En avril 2023, alors que la desserte électrique tenait à peu près debout, il choisit de renvoyer la centrale flottante Karpowership, jugeant son coût – 4 millions de dollars- excessif. ‘‘On a réparé toutes nos centrales’’, justifiait-il alors en conférence de presse, assurant avoir réinjecté cette somme dans la remise en état du parc national. Le pari était osé. Il s’est révélé perdant : en août 2024, la Guinée a dû se résoudre à faire revenir le bateau – en payant, selon certaines sources, plus cher qu’avant son départ.

Un an après son limogeage de l’EDG – le 16 mars 2024, sur décret muet quant aux motifs-, le contexte, lui, ne trompait personne : des émeutes avaient éclaté à Conakry, provoquées par des coupures de courant à répétition. Le lien de cause à effet n’a jamais été démenti.

Seize mois plus tard, coup de théâtre. Le 29 juillet 2025, Laye Sékou Camara réapparaît, cette fois aux Infrastructures et Travaux publics. Puis, le 4 février 2026, nouvelle promotion : le voici de retour à l’Énergie, en remplacement de Namory Camara – une nomination que le chef de l’État aurait, selon plusieurs indiscrétions, validée sans grand enthousiasme.

Le problème n’est pas la deuxième chance. C’est le secteur choisi pour l’accorder. Ramener un ministre là où il a précisément échoué – et où l’échec a fini par coûter plus cher au Trésor public- , ce n’est pas de l’audace managériale, c’est un pari sur la mémoire courte des Guinéens. Et les faits, une fois de plus, s’en chargent de la rafraîchir : les délestages sont revenus, plus sévères qu’avant. En pleine saison des pluies, quand les barrages tournent mieux. Que dira-t-on à l’étiage ?

Personne ne conteste que les problèmes du secteur électrique guinéen sont anciens et structurels. Mais c’est précisément pour cela qu’on nomme des managers à la hauteur : pour résoudre, pas pour reproduire. Les Guinéens n’attendent pas un inventaire supplémentaire de leurs galères – ils les vivent déjà, lampes chinoises à la main. Ils attendent des solutions. Et un bilan, aussi discret le pouvoir veuille-t-il le rendre, finit toujours par se rappeler à qui l’a écrit.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

Last modified: 9 septembre 2026

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