
Le Procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a requis, ce 10 septembre 2026, la levée de l’interdiction de sortie du territoire national frappant l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Damaro Camara. Les deux personnalités pourront désormais se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins médicaux.
Dans sa réquisition n°557/PPS/CRIEF/2026, le magistrat Alphonse Charles Wright répond favorablement à une demande introduite par les avocats de Kassory Fofana, notamment Maître Sidiki Béretté, ainsi qu’à une requête similaire formulée directement par Damaro Camara. Les deux hommes invoquaient des pathologies nécessitant une prise en charge spécialisée hors du pays.
Concernant Ibrahima Kassory Fofana, le Parquet spécial rappelle qu’il a été condamné le 2 juillet 2026, en appel, à trois ans et neuf mois d’emprisonnement et deux milliards de francs guinéens d’amende pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Ses conseils font valoir qu’il a déjà purgé trois ans, onze mois et un jour de détention entre avril 2022 et mars 2026. Un rapport médical de la clinique Pasteur, daté du 8 juin 2026, évoque une pathologie décelée à l’hôpital américain de Paris, avec un risque d’hémorragie digestive et de paralysie des membres inférieurs par compression médullaire, justifiant selon eux l’urgence d’un transfert vers un centre spécialisé.
Pour Amadou Damaro Camara, condamné le 22 mai 2025 à trois ans et six mois de prison et cinq millions de francs guinéens d’amende pour détournement de deniers publics, le Parquet indique qu’il avait épuisé les voies de recours administratives sans succès, la police aux frontières ayant confirmé que l’interdiction relevait de l’autorité judiciaire.
Le Procureur spécial souligne que la mesure d’interdiction, prise pour éviter toute soustraction à la justice avant jugement sur le fond, n’a plus la même pertinence à ce stade de la procédure, les décisions sur le fond ayant déjà été rendues dans les deux affaires. Il invoque le respect du droit constitutionnel à la santé et le principe de proportionnalité des mesures de contrainte, tout en relevant que les deux hommes ont fait élection de domicile auprès de leurs avocats, ce qui garantirait leur retour après les soins.
En conséquence, le Parquet spécial a requis le Commissaire spécial de l’aéroport Ahmed Sékou Touré et le Directeur central de la police aux frontières de mettre en exécution l’autorisation de sortie du territoire accordée aux deux anciens dignitaires.
Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com
Last modified: 10 septembre 2026











