
À Port Fory, dans la préfecture de Kamsar, les travailleurs du port dénoncent plusieurs difficultés qui affectent leurs activités. Rencontrés jeudi 10 septembre 2026, ils évoquent notamment le manque de moyens logistiques, l’insuffisance du quai, l’absence de hangar et le déficit d’électricité.
Selon Abdoul Latif Camara, sage de la mosquée du port et membre de la Chambre du commerce, des pirogues assurent le transport entre Kamsar, Katchek, Bissau et jusqu’en Gambie. Mais les embarcations et leurs équipements ne seraient pas adaptés aux besoins : « Nous avons des pirogues qui assurent le transport entre Kamsar-Katchek-Bissau jusqu’en Gambie. Mais nous avons besoin ici de bonnes barques et de bons moteurs, sans quoi le risque sur la mer reste élevé », explique-t-il.

Le déficit de quais constitue une autre difficulté soulevée par Abdoul Latif Camara. Il estime que l’actuel quai est insuffisant au regard du trafic : « Beaucoup de pirogues n’accostent pas à Port Fory parce que le quai est trop petit. Nous souhaitons qu’il soit plus large pour que les bagages et les personnes ne se bouchonnent pas, et plus long de 25 ou 30 mètres afin que, même lors de la marée basse, les pirogues puissent entrer », plaide-t-il.
Cette situation compliquerait également le débarquement de certains passagers. « Parfois, une pirogue arrive avec un passager souffrant ou une passagère en état de grossesse. Il faut attendre jusqu’à la marée haute pour pouvoir les débarquer », poursuit-il.
Un hangar et l’électricité réclamés
Le manque d’un hangar destiné au stockage des marchandises est également dénoncé.

Boa Camara, un jeune rencontré sur place, affirme que les autorités avaient promis la construction d’un hangar après avoir fait déguerpir certains occupants, mais que le projet n’a, jusque-là, pas été réalisé.
À cette difficulté s’ajoute l’absence d’électricité dans le port.
Pour Abdoul Latif Camara, cette situation complique notamment la garde des marchandises. Boa Camara indique, pour sa part, qu’il leur avait été demandé d’adresser une lettre à l’EDG, sans réponse favorable à ce jour.
Les transporteurs réclament un accompagnement
Les transporteurs plaident également pour un soutien en matière d’équipements.

Mohamed Bêla Diallo, capitaine et représentant du syndicat des transporteurs, demande notamment des moteurs pour les pirogues vétustes ainsi que davantage de gilets de sauvetage.
« Nous souhaitons un accompagnement de l’Etat pour de bons moteurs et nos pirogues vétustes. En outre, nous manquons de gilets de sauvetage. Que le président nous vienne en aide », affirme-t-il.
Présent sur les lieux avec l’équipe, Mohamed Baldé, directeur préfectoral adjoint de l’Agence de Navigation Maritime à Kamsar, reconnaît les difficultés soulevées par les acteurs du port.
Selon lui, malgré la présence de l’Etat à différents niveaux dans ce port, les manques évoqués par les prestataires sont bien réels : « Je souhaite que le message tombe dans de bonnes oreilles pour que des décisions soient prises en faveur de Port Fory », souhaite-t-il.
Ainsi, malgré son rôle dans le transport maritime, Port Fory reste confronté à des besoins d’infrastructures et d’équipements exprimés depuis plusieurs années. Pour les acteurs du port, l’enjeu est désormais de voir ces préoccupations se traduire en actions concrètes afin d’améliorer les conditions de transport et la sécurité des usagers.
Alh Cheick pour Guinée7.com
Last modified: 12 septembre 2026




