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Médias. France 24 bloquée sur Canal+ en Guinée, mais accessible en ligne

20 septembre 2026

« Programme bloqué, la chaîne ne dispose pas des droits de diffusion pour ce programme et nous a donc demandé de l’occulter. » Ce message s’affiche ce matin sur les téléviseurs des abonnés de Canal+ qui cherchent à capter France 24. Les fidèles de la chaîne publique française peuvent encore se rabattre sur ses canaux numériques (application, Facebook, etc.), qui restent accessibles. Les sanctions de la Haute Autorité de la Communication (HAC) ont donc été appliquées en partie. Ni les rectificatifs à l’antenne, ni les excuses de la directrice de la chaîne adressées au chef de l’État n’y ont changé quoi que ce soit.

Une suspension « avec effet immédiat »

Jeudi 17 septembre, au lendemain d’une mise en demeure, la HAC a mis sa menace à exécution. Elle a interdit la diffusion de la chaîne « avec effet immédiat ». L’accréditation de son correspondant en Guinée a également été retirée, ce qui constitue une première pour une grande chaîne internationale dans le pays.

Le mot qui a tout déclenché

Tout est parti le mardi 15 septembre 2026, selon la décision de la HAC. Julien Fanciulli, présentateur du journal télévisé, y a qualifié le chef de l’État guinéen de « président putschiste », alors que celui-ci effectuait une visite d’État en Côte d’Ivoire. La séquence a provoqué une avalanche de réactions à Conakry.

Sur le plan politique, Alhassane Makanéra Kaké, président du groupe parlementaire GMD, a dénoncé une « insulte intolérable » à l’égard de la Guinée. Il a rappelé que « la transition est achevée », qu’une nouvelle Constitution a été adoptée et que le chef de l’État a été plébiscité à plus de 80 % par les urnes. Pour l’ancien ministre de la Communication, il ne faut pas « passer par mille chemins » : le journaliste doit être sanctionné « à la hauteur de sa forfaiture ». Faute de quoi, selon lui, le média lui-même pourrait se rendre complice d’une campagne de dénigrement contre les institutions guinéennes.

La HAC monte au créneau

Quelques heures plus tard, la HAC, dirigée par Boubacar Yacine Diallo, a mis en demeure France 24 de cesser sans délai l’usage de termes jugés inappropriés et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes. Elle a aussi exigé « les rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques ». Constatant que la direction n’avait pas donné suite, ce qu’elle a qualifié de « refus manifeste d’appliquer sa décision », l’autorité a prononcé la suspension de la diffusion de la chaîne en Guinée.

Excuses et courrier au chef de l’État

Julien Fanciulli a présenté des excuses publiques dans une vidéo. Il y a reconnu un choix de mots inapproprié et exprimé ses regrets, dans l’espoir de clore l’affaire. La direction de la chaîne a de son côté adressé un courrier au président de la République. Elle y reconnaît une « faute » commise, qu’elle affirme avoir « immédiatement corrigée ». Elle demande à Mamadi Doumbouya de réexaminer les mesures prises par la HAC, en lui exprimant sa « plus haute considération ».

À ce jour, la HAC n’a pas levé les mesures de suspension visant le média.

Ibrahima Sory Diallo pour guinee7.com

Last modified: 20 septembre 2026

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