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« Un État fort n’est pas un État sans cœur » : Doumbouya justifie l’évacuation de Kassory et Damaro

20 septembre 2026

Guinée- Le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est directement adressé aux Guinéens au sujet de l’autorisation accordée à l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et à l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, de quitter le pays pour des raisons médicales.

Dans un message adressé au peuple de Guinée, le chef de l’État a tenu à rappeler que les décisions de justice rendues à l’encontre des deux anciens responsables restent pleinement en vigueur. Il affirme que leur départ du pays ne remet pas en cause les procédures judiciaires engagées : « disons d’abord ce qui ne change pas. La justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul. Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée. Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact, nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions. »

Une décision motivée par l’état de santé

Mamadi Doumbouya explique ensuite que l’état de santé d’Ibrahima Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara lui a été signalé et documenté. Il dit avoir privilégié, dans ce contexte, une réponse humanitaire : « mais un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard. J’ai donc autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées. »

Le chef de l’État insiste par ailleurs sur le caractère exceptionnel de cette mesure. Il écarte toute idée d’amnistie, de grâce ou d’accord politique derrière cette autorisation : « cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous. »

« Une Guinée qui juge sans haine »

Dans la suite de son adresse, Mamadi Doumbouya affirme vouloir inscrire l’action de la justice dans une démarche qui, selon lui, ne doit pas être guidée par le ressentiment. Il évoque également la réconciliation nationale : « car je veux une Guinée qui juge sans haine et qui sanctionne sans acharnement. La rigueur que nous exigeons dans la gestion des deniers publics ne procède pas du ressentiment : elle procède de l’exigence. Nous ne construirons pas la Guinée de demain sur la rancune, ni sur l’humiliation de qui que ce soit. La réconciliation nationale n’est pas l’oubli c’est la capacité d’un peuple à regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite. »

Le président de la République élargit enfin son propos aux priorités qu’il dit vouloir placer au cœur de la construction du pays. Il cite notamment l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que l’emploi des jeunes : « notre pays entre dans une ère décisive. Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction. Car ce que nous poursuivons n’est pas la seule croissance des chiffres, mais la prospérité réelle de nos populations : l’école pour nos enfants, les soins pour nos familles, l’eau et l’électricité dans nos foyers, le travail pour notre jeunesse. Telle est l’unique mesure de notre réussite, et c’est main dans la main que nous bâtirons notre pays. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

Last modified: 20 septembre 2026

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