
L’Intersyndicale de l’éducation, composée du Syndicat national de l’éducation (SNE), du Syndicat libre des enseignants-chercheurs de Guinée (SLECG) et de la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE), a animé un point de presse ce lundi 21 septembre à Dixinn.
Au cœur des échanges : le recrutement des enseignants annoncé par le ministère de la Fonction publique, le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 et les préalables que les syndicats estiment indispensables à l’organisation d’un concours et à une rentrée scolaire apaisée.
Le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a d’abord tenu à clarifier la position de l’Intersyndicale sur le principe d’un concours.
« L’Intersyndicale que vous voyez n’est pas opposée à l’organisation d’un concours. Il faut que cela soit très clair. Parce que c’est ce qui se dit actuellement dans la cité : “Les syndicalistes veulent que n’importe qui soit en classe pour enseigner nos enfants, ils s’opposent au concours”. Non ! Ni le SLECG, ni la FSPE, ni le SNE, personne n’est opposé à ce que les meilleurs soient recrutés pour enseigner dans les écoles de la République », a-t-il déclaré.
Selon le responsable syndical, l’exigence de l’Intersyndicale porte avant tout sur le respect du protocole d’accord conclu avec le gouvernement.
4 500 enseignants ayant la moyenne revendiqués
Michel Pépé Balamou rappelle qu’en 2024, 14 500 enseignants contractuels communaux avaient été identifiés, recensés, biométrisés puis soumis à une évaluation en pratique de classe.
À l’issue de cette évaluation, 10 000 enseignants ont été retenus et 4 500 recalés, selon les chiffres avancés par le secrétaire général du SNE.
Il précise toutefois que la majorité des 4 500 candidats recalés auraient obtenu la moyenne.
« Parmi ces 4 500, seuls 60 n’ont pas eu la moyenne (…) Tout le reste, plus de 4 400 personnes ont obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10/20. Cela signifie qu’ils ont le niveau », a-t-il soutenu.
Pour le syndicaliste, le protocole d’accord leur accorde une priorité à l’engagement.
« Le français est très clair : prioritaires à l’engagement. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela implique que nous devions prendre leur moyenne : tous ceux qui ont entre 10 et 20/20 n’ont plus de concours à passer », a-t-il affirmé.
Il estime donc que les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry devraient, eux, être soumis à une évaluation en pratique de classe, conformément au protocole.
Des retards dans l’application du protocole
L’Intersyndicale reconnaît que certaines dispositions financières du protocole ont été appliquées.
« En fin de septembre, 1 200 000 GNF doivent être ajoutés à la prime de documentation (pour la porter à 1 500 000 GNF), et 200 000 GNF restent au titre des indemnités de logement et de transport. C’est donc 1 400 000 GNF qui doivent être intégrés au salaire de tous les enseignants de Guinée à la fin de ce mois. Sur ce volet financier, le protocole est respecté », a expliqué Michel Pépé Balamou.
En revanche, il déplore le retard accusé dans la mise en œuvre de plusieurs dispositions techniques.
Selon lui, le protocole signé le 3 janvier 2026 prévoyait notamment la mise en place, dès février, de plusieurs commissions techniques. Celles-ci n’auraient finalement été installées qu’en avril, après des menaces syndicales.
Trois commissions sont notamment concernées : celle chargée des enseignants contractuels communaux non retenus à l’issue des évaluations, celle chargée des actes de nomination des cadres devant bénéficier des primes de fonction et celle consacrée à la révision du statut particulier des personnels de l’éducation et de la formation.
L’Intersyndicale fixe ses préalables
Pour l’Intersyndicale, plusieurs engagements doivent être satisfaits avant l’organisation de tout concours au niveau du ministère de l’Éducation nationale.
Elle réclame notamment :
- l’engagement des 4 500 enseignants contractuels communaux ayant obtenu la moyenne ;
- l’engagement des près de 2 000 enseignants contractuels de Conakry ;
- le paiement des 9 mois d’arriérés de salaire des 10 000 enseignants des collectivités ;
- la régularisation des situations administratives, notamment les échelons, indices et reclassements ;
- la régularisation des primes d’incitation, particulièrement en zone rurale ;
- l’amélioration des conditions matérielles et financières dans les établissements scolaires, notamment les écoles délabrées, le manque de latrines, d’eau, de tables-bancs, de matériel didactique et de cahiers.
« Nous n’accepterons aucun principe d’organisation de concours au niveau du Ministère de l’Éducation nationale. L’Intersyndicale reste catégorique et formelle : tant que les points susmentionnés et clairement identifiés dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 ne sont pas satisfaits, il n’y aura pas de possibilité d’aboutir à une ouverture apaisée des classes », a conclu Michel Pépé Balamou.
Mamadou Yaya Barry
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Last modified: 21 septembre 2026




