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Migration clandestine et irrégulière : Our African Dream veut redonner envie de réussir en Guinée

26 septembre 2026

La migration clandestine et irrégulière était ce vendredi 25 septembre au cœur d’une rencontre d’échange initiée par Serge Wilaime et portée par le projet Our African Dream.

Placée sous le thème « Rester, construire ou revenir : comment redéfinir le rêve africain ? », cette rencontre s’est déroulée en présence des Ministres des Affaires étrangères, de l’Intégration Africaine et des Guinéens Etablis à l’Etranger, de la Jeunesse et de l’Education nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, de l’organisation internationale pour les migrants (OIM), des représentants de la société civile et de nombreux jeunes. L’objectif de ladite rencontre est d’échanger, sensibiliser, communiquer sur la migration clandestine et irrégulière.

Porteur du projet Our African Dream, Bakary Serge Fofana a rappelé que derrière chaque départ clandestin se cachent des rêves, des frustrations, le chômage, le manque de formation et l’absence de perspectives.

« Notre ambition n’est pas de dire à la jeunesse qu’ailleurs n’existe pas. Nous voulons lui rappeler une chose essentielle : partir doit être un choix et non une fuite ; revenir doit pouvoir être une force ; et rester doit pouvoir être une réussite », a-t-il rappelé.
Pour lui, la lutte contre la migration irrégulière passe par l’éducation, l’emploi, l’entrepreneuriat et l’accompagnement des jeunes afin qu’ils puissent transformer leurs idées en projets de vie.
Il a également annoncé l’ouverture prochaine du centre « La Boîte à Idées », d’abord à Conakry puis à Mamou : « La Boîte à Idées sera un espace ouvert aux jeunes, un lieu où l’on pourra venir avec des idées, un talent, un projet, mais aussi avec ses interrogations et ses difficultés ; un lieu où l’on pourra trouver de l’écoute, de l’orientation, de la formation, des mentors et un accompagnement concret vers l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat », a-t-il expliqué.

L’OIM : 33 096 Guinéens sont revenus volontairement en quatre ans

Représentant le chef de mission de l’OIM en Guinée, Harouna Souaré a salué une initiative qui replace l’humain au centre du débat migratoire.
Il a révélé qu’au cours des quatre dernières années, 33 096 migrants guinéens sont revenus volontairement en Guinée, après des parcours souvent marqués par les violences, les abus, les pertes économiques et les traumatismes.


« Notre responsabilité collective est de veiller à ce que chaque jeune puisse prendre une décision éclairée sur son avenir en disposant d’informations fiables et objectives. Et une leçon fondamentale à retenir : Lorsque des opportunités réelles existent, lorsque les jeunes disposent des compétences nécessaires et qu’ils sont accompagnés dans leurs projets, ils deviennent les principaux acteurs du développement de leur pays », a-t-il souligné.
L’OIM a réaffirmé son engagement à soutenir des actions favorisant l’autonomisation, l’employabilité et l’égalité des chances pour la jeunesse guinéenne.

Lansana Béa Diallo : « On ne combat pas un rêve avec un discours »

Le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a livré un discours évoquant le paradoxe africain : « le monde rêve de l’Afrique et trop de jeunes Africains rêvent encore de quitter l’Afrique ».

Selon lui, les jeunes ne quittent pas leur pays par manque d’amour pour celui-ci, mais parce qu’ils recherchent une perspective, un emploi et une dignité.
Le ministre a insisté sur le fait que voyager doit rester un droit et une opportunité, mais jamais une conséquence du désespoir.
« Partez par choix, pas par désespoir ».
Il a également relié cette ambition à la vision Simandou 2040, portée par le Président de la République : « Il serait effectivement trop facile de dire aux jeunes : « Restez en Guinée », et puis quoi ? Que leur proposons-nous derrière ?

« C’est de là que commence notre responsabilité. Si nous voulons que notre jeunesse croie en l’Afrique, nous devons lui donner des raisons concrètes d’y croire. Et c’est précisément tout le sens de la vision portée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Mamadi Doumbouya, à travers Simandou 2040. Pendant trop longtemps, lorsque nous parlions de la richesse de la Guinée, nous regardions d’abord ce qu’il y avait sous son pied : notre minerai, notre sous-sol, nos ressources naturelles, notre bauxite, notre or, nos diamants. Aujourd’hui, l’ambition est différente : transformer la richesse de notre sous-sol en capital humain. 80 % de jeunes en Guinée, 80 % de personnes de moins de 35 ans. Ça peut être une bombe atomique comme ça peut être une richesse extraordinaire. Mais pour ça, il faut mettre les outils et les mécanismes pour en faire une véritable force. Faire en sorte que nos ressources naturelles servent à former nos jeunes, à développer leurs compétences, à créer des emplois, à soutenir l’entrepreneuriat et à préparer les métiers de demain. Parce qu’un minerai peut créer de la richesse, mais c’est une femme ou un homme qui a été formé qui transforme cette richesse en développement », a dit Béa Diallo.

Les Affaires étrangères misent sur la diaspora

Au nom du Ministre des Affaires étrangères, Ibrahima Sory Touré, directeur général adjoint des Guinéens établis à l’étranger, a appelé à une mobilisation collective contre la migration clandestine.

« La migration clandestine est une tragédie silencieuse qui prive notre pays de ses forces vives et expose nos jeunes à des dangers humains. Traversées mortelles, l’exploitation, humiliation et désillusions. Chaque vie perdue sur ces routes est une perte irréparable pour la Guinée et pour l’Afrique. Nous ne pouvons plus rester indifférents. Nous devons dire stop à la migration clandestine, non pas par des slogans vides, mais par des actions concrètes, par des politiques courageuses et par des opportunités réelles offertes à notre jeunesse », a-t-il dit.

Pour lutter contre la migration irrégulière et clandestine, il souligne que : « Le gouvernement de la République de Guinée, à travers le Ministère des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine, a pu mettre en œuvre des projets de développement pour accompagner les jeunes dans les territoires ou les collectivités d’origine. C’est le cas par exemple du projet SABATI, qui nous permet de mobiliser la diaspora autour des projets initiés par leurs collectivités locales pour apporter bon vivre ou pour apporter un rêve à ces jeunes qui ont préféré rester chez eux », a-t-il expliqué.

Ajoutant que : « Donc nous mobilisons la diaspora, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les institutions nationales pour créer des opportunités durables, des formations professionnelles adaptées aux besoins du marché pour que chaque jeune puisse acquérir des compétences utiles et valorisables, des projets économiques et des entrepreneuriats soutenus par l’État et par ses partenaires afin de favoriser l’emploi et l’innovation, des partenariats avec la diaspora guinéenne qui constitue une force extraordinaire de savoir-faire, de ressources et de réseaux à travers le monde. Il y a aussi des programmes d’accompagnement et de financement pour encourager les jeunes à investir dans leur pays et à bâtir des entreprises solides. C’est pourquoi ces initiatives ne sont pas que des promesses abstraites, elles sont déjà en marche. Elles traduisent notre volonté de faire de la jeunesse guinéenne un acteur central ».

Un panel sur la migration clandestine et irrégulière a marqué la fin de la rencontre avec l’ambition d’inscrire Our African Dream dans la durée.

 

 

Sadjo Bah

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Last modified: 26 septembre 2026

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