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Devise nationale : Les Engagés appellent les Guinéens à traduire les mots en actes

4 octobre 2026

Conakry- À l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le mouvement Les Engagés a réuni des jeunes et plusieurs acteurs de la société autour d’une conférence-débat consacrée à la devise nationale. L’objectif : réfléchir à la manière de transformer « Travail-Justice-Solidarité » en valeurs concrètes dans la vie quotidienne.

Célébrer l’indépendance autrement. À Kipé, le mouvement Les Engagés a choisi de réunir des jeunes et des cadres autour d’une rencontre d’échanges consacrée à la devise nationale : « Travail-Justice-Solidarité ».

Dans une salle décorée aux couleurs du drapeau guinéen, les participants ont échangé autour du thème : « Travail-Justice-Solidarité, la devise qui doit façonner chaque Guinéen ». Une occasion pour les différents intervenants de revenir sur la portée de ces trois mots et sur leur importance dans la construction du pays.

Pour Mme Cissé Maimouna Diakaby, fondatrice du mouvement Les Engagés, cette rencontre visait surtout à donner un sens concret à la devise nationale. « Nous avons simplement voulu célébrer donc l’indépendance de la Guinée avec la jeunesse, les inviter à venir dîner avec nous autour d’une thématique qui est celle de notre devise : « Travail, Justice, Solidarité ». Comment cette devise peut façonner chaque Guinéen ? », explique-t-elle.

Selon elle, ces trois mots ne doivent pas rester de simples inscriptions officielles.« Nous voulons aujourd’hui que par acte de citoyenneté, que chaque jeune guinéen puisse réellement habiter la devise « Travail, Justice, Solidarité », que cela devienne un mantra, que cela soit la boussole qui guide notre quotidien », souligne-t-elle.

La responsable des Engagés insiste notamment sur la nécessité de considérer le travail comme une responsabilité qui concerne chaque citoyen, quel que soit son domaine d’activité. « Le travail, nous l’incarnions et que on sache que chaque acte vaut quelque chose où que nous soyons et que nous n’avons pas seulement besoin d’être derrière des bureaux pour faire un travail », dit-elle.

Elle appelle également à faire de la justice une valeur du quotidien et de la solidarité un moyen de renforcer l’unité nationale : « et que la justice soit également notre boussole dans notre quotidien entre les membres de notre famille, entre les différents membres de nos communautés. Et que la solidarité soit ce fil qui permette de tisser une Guinée unie et indivisible. »

« La jeunesse doit être un acteur clé du développement »

Présidente de la commission Commerce, Hôtellerie, Tourisme et Artisanat de l’Assemblée nationale et paneliste, l’honorable Fanta Conté estime que ce type de rencontre permet de renforcer chez les jeunes l’esprit citoyen et patriotique. « On a besoin de ce genre de rencontre avec la jeunesse pour cultiver chez nos jeunes l’esprit de citoyenneté, l’esprit de patriotisme », affirme-t-elle.

Pour elle, la jeunesse doit pleinement prendre sa place dans le développement de la Guinée. « Nous avons besoin de rappeler à la jeunesse que pour le développement de ce pays, qu’elle doit être un acteur clé. Et c’est par le travail, par la justice, par la solidarité que nous allons y arriver », soutient-elle.

L’élue souhaite d’ailleurs que ces échanges ne se limitent pas aux célébrations de l’indépendance : « j’espère qu’on aura l’occasion, même pas pendant la fête d’indépendance, mais chaque jour, qu’on puisse organiser ce genre de rencontre pour que chacun puisse cultiver dans sa façon de faire, dans sa façon de communiquer, dans sa façon d’être avec les autres, cette devise qui est : Travail, Justice, Solidarité. »

Mohamed Doumbouya appelle les jeunes à être curieux

Consultant en communication et fondateur de l’Atelier Solidaire, Mohamed Doumbouya a, de son côté, insisté sur l’importance pour la jeunesse de mieux connaître l’histoire du pays et de développer sa culture générale. « Donc aujourd’hui, ce qu’on peut donner comme conseil, c’est qu’ils soient curieux, qu’ils aillent vers leurs grands-parents qu’ils aient étudié ou pas, qu’ils leur posent des questions : « Qu’est-ce qui s’est passé avant ? Comment ça se passait avec vous ? » », conseille-t-il.

À l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, le paneliste estime que les jeunes disposent également de nombreux moyens pour accéder à l’information : « aujourd’hui ils sont à la période de l’intelligence artificielle, de cette base de données incroyable. Il y a des informations sur Internet, sur les réseaux sociaux, partout. Il suffit de suivre les bons canaux, suivre les bonnes personnes qui peuvent vous donner de bonnes informations. Et puis, faites votre propre analyse, faites votre culture générale. »

Mohamed Doumbouya propose aussi de faire de « Travail-Justice-Solidarité » une sorte de règle personnelle : « ça peut être même notre valeur, notre devise personnelle à répéter tout le temps, tout le temps, tout le temps : « Je vais travailler, je ne vais pas rester paresseux », « Je vais être juste envers quiconque avec qui je suis confronté, je ne serai pas injuste », et puis « Je vais être solidaire, si j’ai 10, je vais faire en sorte d’en investir 3, 4, 5 sur d’autres. »

Pour le Conseil national des jeunes, une responsabilité à transmettre

Président du Conseil national des jeunes de Guinée, Abdoulaye Diané dit avoir retenu de cette rencontre la responsabilité qui incombe à la jeunesse dans la construction du pays. « L’enseignement que j’en tire, c’est déjà la responsabilité de la jeunesse », déclare-t-il.

Il rappelle que les acteurs de l’indépendance étaient eux-mêmes jeunes au moment où la Guinée accédait à sa souveraineté : « les pères de l’indépendance étaient jeunes quand ils ont donné l’indépendance à notre pays. Aujourd’hui, nous sommes les héritiers de cette indépendance et autour bien sûr de notre devise : le travail, la justice et surtout la solidarité, qui ont fait l’objet d’échanges, de débats ce soir. »

À l’issue de la rencontre, Abdoulaye Diané a pris l’engagement de transmettre les enseignements reçus aux autres jeunes. « Je sors très rassuré, très outillé et avec un engagement que les enseignements qu’on a reçus ici vont être restitués à l’ensemble de la jeunesse guinéenne que nous représentons », affirme-t-il.

Les jeunes participants veulent passer aux actes

Parmi les participants, Aïssatou Sow, étudiante et activiste de la société civile, retient particulièrement l’importance de la solidarité et de la justice dans la vie en société. « J’ai retenu que dans la société, il faut être toujours solidaire. Quand on est solidaire, on peut faire quelque chose pour aider notre pays », témoigne-t-elle.

Elle appelle également les jeunes à cultiver la justice et le sens du travail : « la justice, il faut être juste même quand on n’est pas de la même ethnie, il faut être juste et équitable, et travailler, entreprendre et subvenir à ses besoins et aider son pays. »

Pour elle, la jeunesse doit surtout prendre conscience de son rôle dans l’avenir de la Guinée : « aujourd’hui en tant que jeune, le message que j’ai à partager : il faut être conscient. Parce que quand on est conscient de ce qu’on veut faire, on va toujours avancer et avoir une vision. Donc j’appelle à tous les jeunes d’être conscients, engagés et solidaires et avoir une vision à aider le pays. Parce que c’est nous jeunes qui devont construire l’avenir de de ce pays. »

La rencontre s’est achevée dans une ambiance patriotique. À l’unisson, organisateurs et participants ont entonné l’hymne national, drapeau tricolore en main.

Les échanges ont ensuite laissé place à un repas partagé dans une atmosphère conviviale, accompagné de morceaux des grands orchestres de la Guinée, repris par des musiciens. Une manière, pour Les Engagés et les participants, de clôturer cette célébration de l’indépendance autour du partage et de la convivialité.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

Last modified: 4 octobre 2026

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