
Conakry- L’ONG Mon Enfant Ma Vie a officiellement lancé, ce vendredi à Conakry, le projet MoussoTech, destiné à renforcer l’autonomie des femmes grâce aux outils numériques. Avec l’appui de ses partenaires, notamment Orange Guinée, cette initiative permettra à 100 femmes de Dubréka de bénéficier de téléphones Android et d’une application conçue pour faciliter leur accès à l’information sur la santé, les droits des femmes et la gestion des ressources financières.

Lutter contre les inégalités d’accès à l’information en adaptant la technologie aux réalités des femmes : c’est l’ambition de MoussoTech. Grâce à une application intégrant des contenus accessibles dans les langues nationales, le projet entend accompagner les bénéficiaires dans leurs décisions quotidiennes, notamment en matière de santé, de protection contre les violences et de gestion financière.

Lors de la cérémonie de lancement, Diaraye Diallo, deuxième vice-présidente de l’ONG Mon Enfant Ma Vie, a souligné la dimension humaine de cette initiative, née des difficultés rencontrées par certaines femmes pour accéder à des informations fiables et connaître leurs droits. « Vous sentez que ce n’est pas une technologie créée pour être simplement innovante, elle a été créée vraiment pour être utile. Utile pour une femme qui se pose des questions pour sa santé, pour sa grossesse, utile pour une femme qui cherche à comprendre ses droits, mais aussi utile pour une femme confrontée à une situation de violence », a-t-elle expliqué.

Pour elle, MoussoTech représente bien plus qu’un outil numérique. « Aujourd’hui, nous ne lançons pas juste une application, nous lançons une passerelle. Une passerelle entre les femmes et l’information. Entre les femmes et les services. Entre les droits et leurs connaissances. Entre la technologie et les réalités de l’économie », a-t-elle déclaré, en invitant les bénéficiaires à s’approprier l’application et à contribuer à son amélioration.
Orange Guinée mise sur l’inclusion numérique

Partenaire du projet, Orange Guinée entend faciliter l’accès des bénéficiaires aux outils numériques. Selon Mohamed Lamine Keita, directeur de la communication institutionnelle de l’entreprise, cette initiative correspond aux engagements de responsabilité sociétale de l’opérateur en faveur des communautés vulnérables. « L’une des choses qui nous a frappés, c’est qu’à la description du projet, nous nous sommes rendu compte qu’il s’inscrivait parfaitement dans les axes de la politique RSE d’Orange Guinée, notamment dans l’axe bien-être communautaire », a-t-il indiqué.

Outre les téléphones Android remis aux bénéficiaires, celles-ci bénéficieront d’une connexion Internet de 13 Go pendant un an, ainsi que d’un accompagnement. Le responsable a également évoqué la possibilité de renouveler les formations et d’accompagner les groupements de femmes, notamment en matière de financement.
Les autorités saluent une initiative au service des femmes

Représentant le préfet de Dubréka, M. Touré a salué le choix de cette préfecture pour accueillir la première phase du projet. Il a notamment insisté sur l’importance de rendre les outils numériques accessibles aux femmes qui ne maîtrisent pas nécessairement la lecture et l’écriture. « Trop souvent, la technologie reste hors de portée de celles qui en auraient le plus besoin, notamment les femmes, faute d’instruction, de moyens ou de repères », a-t-il souligné, avant de mettre en avant le recours aux langues locales et à la technologie vocale.

Au nom de l’autorité préfectorale, il a réaffirmé la disponibilité des autorités locales à accompagner cette initiative, rappelant qu’« une femme autonome, elle est un pilier pour sa famille, pour sa communauté et pour l’économie locale ».

De son côté, Pauline Adeline Patricia Lamah, conseillère à la présidence chargée des questions de femmes, de famille et de solidarité, a encouragé les bénéficiaires à utiliser ces outils pour leur protection et celle de leur entourage. « Aux femmes, n’utilisez pas ces téléphones à d’autres fins. Utilisez-les pour dénoncer les violences basées sur le genre, que ce soit vous qui en êtes victimes ou que ce soit quelqu’un d’autre dans votre entourage. C’est votre droit », a-t-elle lancé.
« Une femme qui ne sait ni lire ni écrire n’est pas une femme qui ne sait rien »

Clôturant la cérémonie au nom de la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Aminata Kaba, la cheffe de cabinet du département, Fatoumata Binta Diallo, a insisté sur la nécessité de rapprocher l’information des femmes, particulièrement celles qui n’ont pas eu accès à l’éducation formelle. « Parce qu’au lieu de demander à ces femmes de s’adapter à la technologie, ce projet a choisi d’adapter la technologie à leur réalité », a-t-elle relevé, soulignant les possibilités offertes par l’application en matière de connaissance des droits, de santé, de prévention des violences et de gestion financière.

La représentante du ministère a également salué la reconnaissance obtenue par l’ONG lors de l’Exposition universelle d’Osaka, au Japon, tout en rappelant que la véritable réussite du projet se mesurera à ses effets sur le quotidien des bénéficiaires. « Le plus gros prix que MoussoTech puisse recevoir demain, ce sera le témoignage d’une des femmes qui dira : “Grâce à cet apport, j’ai appris quelque chose qui a changé ma vie” », a-t-elle déclaré.

Avec cette première phase consacrée à 100 femmes de Dubréka, l’ONG Mon Enfant Ma Vie et ses partenaires entendent poser les bases d’un accompagnement plus large. L’objectif est de faire du numérique un levier d’autonomie, en permettant aux femmes d’accéder à des informations utiles dans une langue qu’elles comprennent et de prendre des décisions éclairées pour elles-mêmes et leurs familles.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 10 octobre 2026




