
Les débats dans l’affaire opposant le parquet spécial aux huissiers de justice Me Sory Daouda Camara et Me Mandjou Sangaré se sont poursuivis ce lundi 12 octobre 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Les réquisitions et les plaidoiries sont programmées pour le 19 octobre prochain.
Les prévenus, Me Sory Daouda Camara, ancien président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, et Me Mandjou Sangaré, placés sous mandat de dépôt depuis le 29 septembre dernier, sont accusés par la société Ecobank Guinée de faits « d’escroquerie au jugement, faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, usurpation de titre et de fonction et complicité ». Les faits remontent à avril 2018.
À l’audience de ce lundi, c’est la partie civile, représentée par Alexandre Koulémou, directeur adjoint des services juridiques de la banque Ecobank, qui a été entendue.
Selon le représentant d’Ecobank, en avril 2018, Mandjou Sangaré, alors stagiaire de Me Sory Daouda Camara, s’est présenté dans les locaux de leur institution pour signifier un procès-verbal de saisie-attribution de créances visant la société Africof. Il a soutenu que le document en question portait le sceau de Me Sory Daouda Camara.
La direction juridique de la banque lui a alors demandé de fournir la preuve que l’ordonnance de saisie avait préalablement été signifiée au débiteur saisi.
« On pensait qu’il allait revenir avec, mais il n’est jamais revenu pour avoir la réponse d’Ecobank. La banque a ensuite appris qu’elle était accusée d’avoir refusé de recevoir le procès-verbal de saisie-attribution. »
Sur la base de cette déclaration, Ecobank a été assignée devant le tribunal de première instance de Kaloum pour le paiement des causes de la saisie. C’est au cours de cette procédure que la banque a découvert que l’acte avait été signifié par un clerc qui n’était pas assermenté.
« La procédure a ensuite abouti à une condamnation d’Ecobank devant la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) au paiement de deux millions de dollars. Un commandement de payer a par la suite été signifié à la banque. Ecobank continue de subir les conséquences de cette affaire. Ecobank a également fait état de trois saisies-attributions de créances pratiquées sur les avoirs et les véhicules de la banque », a-t-il expliqué.
Plus loin, le représentant de la banque a indiqué qu’il n’existait plus de relations d’affaires entre Ecobank et Africof au moment des faits évoqués.
« Les comptes de cette société Africof avaient été clôturés dans les livres de la banque quatre ans auparavant. »
Après cette déposition de la partie civile, la Cour a rejeté la demande de mise en liberté des prévenus sollicitée par la défense et renvoyé l’affaire au 19 octobre prochain pour les réquisitions et les plaidoiries.
À noter que, suite à l’incarcération des deux prévenus, la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée a déclenché une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national, et ce, depuis le jeudi 8 octobre dernier.
Elisa Camara
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Last modified: 12 octobre 2026




