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Drame à Petit Simbaya : l’autopsie privilégie la piste accidentelle, plus de 23 millions GNF retrouvés dans le véhicule

13 octobre 2026

L’autopsie des deux personnes retrouvées mortes dans une voiture à Petit Simbaya, à Conakry, oriente les investigations vers une possible intoxication au monoxyde de carbone.


Selon le médecin légiste, Pr Hassane Bah, aucun signe de violence n’a été constaté sur les corps. Une bouteille contenant un liquide non identifié, deux téléphones portables et 23 420 000 francs guinéens ont également été retrouvés dans le véhicule.

D’après les explications du médecin légiste, rapportées par plusieurs médias locaux, les premières constatations ne révèlent aucun indice physique suggérant une agression. Les deux victimes se trouvaient assises dans le véhicule, qui ne présentait pas non plus de traces d’effraction.

« Les deux personnes étaient assises à bord de ce véhicule. Il n’y avait pas de traces d’effraction sur le véhicule. Il n’y avait également aucune lésion sur les deux corps en rapport avec une quelconque violence (pas de trace de coup, pas de trace de coup de couteau, pas de trace de projectile) », a-t-il indiqué.

Une possible intoxication au monoxyde de carbone

Les examens pratiqués sur les corps ont mis en évidence des signes d’asphyxie. Pour le Pr Hassane Bah, une défaillance du système d’échappement pourrait expliquer le drame. Les gaz produits par le moteur auraient pu pénétrer dans l’habitacle, notamment si le véhicule était resté en marche pendant plusieurs heures avec les vitres hermétiquement fermées.

Le médecin légiste détaille cette hypothèse :

« À l’autopsie, nous avons trouvé que ces deux personnes présentaient des signes en rapport avec ce qu’on appelle une asphyxie. Une asphyxie signifie qu’à un moment donné, elles ont manqué d’oxygène. Mais cela ne veut pas dire que cette absence d’oxygène est uniquement liée au fait que les vitres étaient plombées. Cela pourrait s’expliquer par la défectuosité du système d’échappement : il pourrait y avoir une fuite de gaz de production du moteur. Une combustion incomplète de ce gaz peut produire du monoxyde de carbone. Le monoxyde de carbone est très toxique, et le sang a une forte affinité pour cette hémoglobine. Lorsqu’une personne l’inspire, il se fixe et peut entraîner la mort par asphyxie », a-t-il expliqué.

Selon le scénario avancé par le médecin légiste, les deux occupants auraient inhalé des gaz toxiques pendant leur sommeil, sans prendre conscience du danger.

« Asphyxie liée à une intoxication au monoxyde de carbone, due au fait que le moteur a tourné toute la nuit, aggravée par un système d’échappement défectueux qui a pu faire remonter les gaz du moteur à l’intérieur de l’habitacle où se trouvaient les victimes. Les deux personnes sont donc décédées en plein sommeil », a-t-il ajouté.

Une bouteille au contenu inconnu retrouvée dans la voiture

Une bouteille de bière, dont la marque n’a pas été déterminée, a également été découverte dans le véhicule. Son contenu demeure inconnu.

Le médecin légiste n’exclut pas que le produit ait pu altérer la conscience des occupants et contribuer au drame.

« Nous avons retrouvé une bouteille de bière (dont nous ne connaissons pas la marque), et nous ne connaissons pas les produits qui se trouvaient à l’intérieur. Scénario probable : la consommation de ces produits pourrait éventuellement provoquer une hypnose, c’est-à-dire entraîner un sommeil profond altérant leur conscience. Cette altération de la conscience aurait ensuite été aggravée par le monoxyde de carbone, provoquant l’asphyxie », a-t-il révélé.

Cette hypothèse reste toutefois à établir. À ce stade, la composition du liquide n’est pas connue et son éventuelle implication dans les décès n’est pas confirmée.

Au regard des constatations médico-légales, le Pr Hassane Bah privilégie la piste accidentelle et affirme ne disposer d’aucun élément scientifique permettant de suspecter l’intervention d’un tiers.

« Scientifiquement, il n’y a aucun doute sur l’absence d’intervention extérieure. C’est un décès accidentel », a-t-il déclaré.

Il a ensuite précisé sa position en reliant les décès à une possible intoxication au monoxyde de carbone dans un véhicule fermé.

« Sur le plan médico-légal, il n’y a aucun élément scientifique suspectant l’intervention d’une tierce personne. Ce ne sont pas des personnes qui ont été tuées, mais des personnes qui sont mortes dans le véhicule en plein sommeil, après avoir inspiré les gaz du moteur à cause d’un pot d’échappement défectueux et de vitres hermétiquement fermées. Il s’agit donc très probablement d’un décès accidentel par intoxication au monoxyde de carbone », a-t-il précisé.

Ces déclarations reflètent l’interprétation du médecin légiste à partir des examens réalisés. Les circonstances exactes du drame et les différentes hypothèses avancées restent à examiner dans le cadre des investigations.

23,4 millions GNF et deux téléphones remis à la police

Au-delà des constatations médicales, les enquêteurs devront également examiner les objets récupérés dans le véhicule. Deux téléphones portables et une somme de 23 420 000 francs guinéens ont été remis à la police.

L’origine de l’argent ainsi que les informations susceptibles d’être extraites des appareils pourraient faire l’objet d’investigations.

Le Pr Hassane Bah a confirmé la transmission de ces éléments aux autorités.

« Nous avons remis à la police deux téléphones ainsi qu’une somme de 23 420 000 francs guinéens. Il appartiendra à la police d’enquêter sur l’origine de cet argent, tout comme pour les deux téléphones qui ont également été mis à leur disposition », a-t-il conclu.

Mayi Cissé

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Last modified: 13 octobre 2026

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