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Gestion de l’eau potable et des déchets plastiques : 600 millions d’euros mobilisés pour 13 stations à Conakry, 23 dans 16 villes et 1 600 points d’eau

19 octobre 2026

Le gouvernement guinéen annonce un vaste programme d’investissement de plus de 600 millions d’euros pour améliorer l’accès à l’eau potable, parallèlement à la mise en œuvre des mesures de lutte contre les déchets plastiques. Entre la remise en état de 13 stations de traitement d’eau potable à Conakry, la mise en place de 23 stations dans 16 autres villes et la réalisation de 1 600 points d’eau, les autorités affichent leur ambition de renforcer l’approvisionnement des populations. Dans le même temps, un moratoire de six mois est accordé aux acteurs de la filière plastique pour préparer leur transition vers des solutions de substitution.

Ces annonces ont été faites par Faya François Bourouno, porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse conjointe des porte-parole de la Présidence et du Gouvernement, ce lundi 19 octobre 2026. Il a notamment expliqué les objectifs du décret interdisant les sachets plastiques à usage unique, les premiers résultats constatés par les autorités et les raisons du délai accordé aux industriels et aux autres acteurs concernés.

Pour le porte-parole du gouvernement, cette réglementation constitue un instrument de politique publique destiné à améliorer les conditions de vie des Guinéens et à préserver leur environnement.

« Ce décret, avec tout l’arsenal réglementaire qui va avec, notamment les arrêtés qui ont été pris, n’est pas un simple acte réglementaire. C’est une véritable politique publique dont l’objectif est d’améliorer le cadre et les conditions de vie de la population guinéenne », a-t-il expliqué.

Selon Faya François Bourouno, cette politique doit également favoriser une évolution des modes de production et de consommation en encourageant l’utilisation de produits plus respectueux de l’environnement, notamment les emballages biodégradables.

Le gouvernement affirme que les premières mesures d’application du décret ont déjà contribué à réduire la présence des déchets plastiques dans les espaces publics. Le porte-parole a présenté cette évolution comme un résultat encourageant dans la lutte contre la pollution et l’insalubrité.

« Et l’application de ce décret, aujourd’hui, c’est avec beaucoup de satisfaction que nous avons l’honneur de partager avec vous le constat que nous effectuons aujourd’hui, les premiers résultats. Il y a aujourd’hui une baisse drastique constatée par nous tous des déchets plastiques dans les espaces publics. C’est une réalité, et c’est un produit de ce décret et de ses arrêtés d’application », a-t-il déclaré.

Tout en mettant en avant ces premiers résultats, il a souligné la nécessité de poursuivre les efforts pour améliorer durablement la salubrité dans les villes guinéennes. Cette orientation s’inscrit, selon lui, dans la volonté du président de la République de privilégier des actions concrètes.

« Pour le président de la République, chef de l’État, l’heure n’est plus à l’hésitation, l’heure est à l’action », a-t-il affirmé, précisant qu’un programme est en cours d’exécution pour accompagner l’application des mesures réglementaires.

Malgré la volonté affichée de maintenir l’interdiction des sachets plastiques à usage unique, le gouvernement a décidé d’accorder un moratoire de six mois aux acteurs concernés. Ce délai doit permettre aux industriels, aux importateurs, aux commerçants et aux autres intervenants de la chaîne de valeur de préparer la transition vers des produits de substitution.

Cette décision fait suite aux préoccupations exprimées par les acteurs concernés lors des échanges avec les autorités, dans le cadre d’un mécanisme de dialogue coordonné par le Premier ministre.

« Et donc, la décision a été prise plutôt d’accorder un moratoire de 6 mois pour permettre au gouvernement et à tous les acteurs, les acteurs industriels, les acteurs qui interviennent dans la chaîne de valeur, de mettre en place un plan d’action et de le réaliser afin que, dans un délai de 6 mois, nous puissions réussir la transition en passant des modes de production actuels, où nous constatons la production d’emballages plastiques et d’autres déchets plastiques à usage unique, à la production de produits de substitution », a précisé Faya François Bourouno.

L’objectif est de donner aux différents acteurs le temps nécessaire pour adapter leurs activités et développer des emballages ainsi que des objets capables de se dégrader de manière écologique.

Le porte-parole a tenu à préciser que ce délai ne remet pas en cause les objectifs fixés par le décret.

« Donc, il faut voir que ce moratoire n’est pas un abandon des mesures du décret, mais plutôt une permission temporaire permettant à tous les acteurs de converger vers cet objectif, conforme à la vision du chef de l’État », a-t-il insisté.

Au-delà de la réduction de la pollution, le gouvernement entend faire de la gestion des déchets une source d’activités économiques et d’emplois. Les autorités souhaitent notamment développer les métiers liés au ramassage, à la collecte, au transport et à la valorisation des déchets.

« Les déchets sont une menace, mais en voulant régler le problème des déchets, nous voulons créer des opportunités pour créer des emplois, notamment des emplois verts », a déclaré le porte-parole.

Selon lui, un travail est en cours sous la coordination du Premier ministre pour structurer les différentes chaînes de valeur liées à la gestion des déchets. Cette démarche vise à créer des opportunités professionnelles, à préserver les activités industrielles et à améliorer la salubrité, particulièrement à Conakry.

Faya François Bourouno a également salué la mobilisation des industriels impliqués dans la production, l’importation et la commercialisation des emballages, affirmant qu’ils travaillent avec le gouvernement pour préparer cette transition. Il a, par ailleurs, mis en avant l’adhésion de la population aux mesures engagées et annoncé la poursuite des campagnes de sensibilisation afin de favoriser des changements durables de comportement.

La gestion des déchets plastiques a également été abordée sous l’angle de la préservation des ressources et de l’amélioration des conditions de vie. À ce titre, le porte-parole du gouvernement a annoncé un programme d’investissement de plus de 600 millions d’euros destiné à renforcer les infrastructures d’approvisionnement en eau potable en Guinée.

« Nous avons aujourd’hui l’un des plus grands projets d’eau potable initiés dans la sous-région, avec un financement de plus de 600 millions d’euros. Et nous avons aujourd’hui tous les partenaires qui sont mobilisés autour de la Guinée pour accompagner notre pays à réussir cette transition qui va permettre à chaque citoyen guinéen d’accéder à l’eau potable », a-t-il indiqué.

Ce programme comprend plusieurs volets. À Conakry, 13 stations de traitement d’eau potable doivent être remises en état. Seize autres villes du pays bénéficieront de 23 stations de traitement. À ces infrastructures s’ajoutent 1 600 points d’eau annoncés au profit des populations.

Le porte-parole a rappelé que le projet avait été lancé en juin dernier par le ministère en charge du secteur.

« Le mois de juin dernier, le ministère en charge de ce secteur avait lancé ce projet qui va permettre déjà, à Conakry, de remettre en état 13 stations de traitement d’eau potable, et 16 de nos villes bénéficieront aussi de 23 stations de traitement. En plus de cela, aujourd’hui, il y a 1 600 points d’eau qui sont en train d’être initiés pour le bénéfice de notre population », a-t-il expliqué.

Ces investissements doivent contribuer à renforcer les capacités de production et de distribution d’eau potable, tout en améliorant l’accès des populations à ce service essentiel. Le gouvernement présente ce programme comme un levier important pour accompagner le développement du pays et améliorer les conditions de vie des citoyens.

À travers le moratoire de six mois sur les plastiques et le programme d’investissement consacré à l’eau potable, le gouvernement entend agir sur deux enjeux majeurs : la réduction de la pollution et l’amélioration de l’accès aux services essentiels.

Pour les autorités, l’enjeu est de concilier les impératifs environnementaux avec la préservation des activités économiques, la création d’emplois verts et l’accès des populations à l’eau potable.
Mayi CISSÉ 

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Last modified: 19 octobre 2026

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