
L’audience correctionnelle du tribunal de Dixinn s’est ouverte ce mercredi 20 mai 2026 autour de l’affaire dite « Bellingham », née de la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.
L’artiste Hadiatou Bah, alias « Bandirou », était appelée à comparaître pour « diffamation, proxénétisme et complicité, atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique ».
Dans une procédure distincte liée à la diffusion du même contenu, les créateurs de contenus Ahmed Saadate Diallo, alias Saad, et Mamadou Alpha Baldé, connu sous le nom de SoprAlpha, sont également poursuivis pour atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique.
Sur place, le propriétaire du Chicha Lounge Bellingham, cité dans la vidéo controversée, s’est constitué partie civile dans cette affaire.
N’ayant pas d’avocat, Hadiatou Bah a été assistée à l’audience par Maître David Beavogui, qui s’est constitué pour assurer sa défense devant le tribunal.
À la barre, la prévenue, née en 2002 à Coyah et résidant à Yattayah, a reconnu avoir tenu plusieurs propos polémiques lors d’une émission enregistrée avec les deux créateurs de contenus.
Interrogée sur certaines déclarations qu’elle a partiellement reconnues, elle a déclaré :
« Je voulais créer du buzz. Ça fait deux ans que je suis dans la musique, je ne suis pas connue. »
L’artiste a expliqué avoir accepté cet entretien dans une logique de promotion artistique après la sortie de son clip.
Selon elle, « certaines déclarations relevaient davantage de l’exagération que de faits réels ».
« Je demande pardon… la langue glisse », a-t-elle affirmé au cours des débats.
Questionnée sur ses propos associant le Chicha Lounge Bellingham à des pratiques de prostitution, Hadiatou Bah a tenté de nuancer ses déclarations.
« Oui, je l’ai dit, mais ça n’a jamais été fait. Je ne l’ai pas fait pour salir le lieu », a-t-elle soutenu.
Le président du tribunal lui a ensuite rappelé certains propos évoquant des sommes d’argent versées par des hommes pour être mis en contact avec des jeunes filles.
En réponse, la prévenue a déclaré : « J’ai juste dit qu’au lieu de quémander 10 000 ou 20 000 GNF, le mieux, c’est de suivre les hommes qui vont les prendre en charge, chose que je trouve normale et différente de la prostitution. J’ai des filles là-bas qui m’appellent “la grande” parce que je suis souvent au studio, mais je n’ai jamais pris d’argent avec quelqu’un pour elles. Aucune d’elles n’a une preuve dans ce sens. Je suis même prête à faire une vidéo. Si tel est le cas, vous pouvez m’enfermer. »
Elle affirme également n’avoir jamais voulu nuire à l’établissement.
« C’était pour le buzz. J’ai même cité cela dans mon clip, mais je n’ai jamais demandé l’avis des propriétaires. Je m’attendais à des vues sur YouTube, mais je n’ai jamais voulu dénigrer le lounge », a-t-elle expliqué.
Durant l’audience, la partie civile a cherché à établir un lien entre les propos de l’artiste et une éventuelle banalisation de la prostitution, notamment à travers certaines paroles de ses chansons et ses déclarations sur les jeunes filles fréquentant les lieux.
« Elles me prennent comme leur grande. Je n’ai jamais pris de l’argent avec un homme pour les vendre », a répondu la prévenue, niant toute implication dans des actes de prostitution.
De son côté, la défense a demandé la jonction des deux procédures jusque-là traitées séparément, estimant que les faits reprochés aux différents prévenus étaient liés.
Une demande rejetée par le président du tribunal, Mohamed Sangaré, qui a indiqué que les dossiers avaient été enregistrés sous des numéros distincts.
Maître David Beavogui a ensuite sollicité une liberté provisoire pour sa cliente au nom de la présomption d’innocence.
Le ministère public s’y est opposé, jugeant cette demande « inopportune » et réclamant le maintien en détention de la prévenue.
À l’issue des débats, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire et renvoyé l’affaire au 10 juin 2026 pour la suite des audiences.
Mayi Cissé
L’article Affaire Bellingham- Hadya Bah maintenue en détention, le procès renvoyé au 10 juin : « Je demande pardon… la langue glisse » est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 20 mai 2026




