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Kindia : la voie d’accès à l’église Sainte-Croix occupée, l’impuissance des autorités fait craindre le pire

23 juin 2026

L’accès principal menant à la paroisse Sainte-Croix de Kindia, située au cœur du centre-ville, est occupé depuis plusieurs années de manière anarchique par certaines vendeuses du grand marché. Une situation qui suscite l’indignation des fidèles chrétiens et qui, malgré de nombreuses démarches entreprises auprès des autorités, demeure sans solution durable.

Dans la matinée du dimanche 21 juin 2026, des fidèles chrétiens ont exprimé leur mécontentement en brandissant des pancartes devant l’édifice religieux. Ils dénoncent une occupation qu’ils jugent illégale et qui entrave régulièrement l’accès au lieu de culte.

Au fil des années, ce dossier est devenu une véritable épine dans le pied des autorités administratives de Kindia. Entre les revendications des vendeuses confrontées au manque d’espaces commerciaux et les plaintes répétées des responsables religieux et des fidèles, aucune solution définitive n’a été trouvée. Cette incapacité à faire respecter les décisions prises ou à trouver un compromis durable nourrit davantage les tensions et fait craindre une aggravation de la situation.

Interrogé sur cette problématique, le père Martin Camara, administrateur de la paroisse Sainte-Croix de Kindia, explique :

« L’église Sainte-Croix de Kindia est une église plus que centenaire. Elle a aujourd’hui plus de 127 ans. Depuis plusieurs décennies, nous constatons que les accès de l’église sont occupés par des femmes vendeuses. Il n’y a pratiquement plus d’accès pour les engins roulants ni pour les fidèles qui viennent prier. Les curés qui m’ont précédé ont multiplié les démarches auprès des autorités. À chaque fois, il nous a été promis que les marchandes seraient réorganisées ou transférées. Plusieurs fois également, nous avons procédé à leur repositionnement afin de libérer l’accès, mais ces mesures n’ont jamais duré. Les femmes reviennent systématiquement occuper cette artère. » a-t-il expliqué.

Selon lui, ce différend s’est progressivement transformé en un conflit récurrent entre les vendeuses et la communauté chrétienne.

« Cette année, alors que j’étais à Télémélé, un incident a fortement perturbé la célébration d’un dimanche de Carême. Heureusement, mes collaborateurs ont réussi à calmer la situation pour éviter tout débordement. Dès que j’ai été informé, j’ai écrit au président de la délégation spéciale ainsi qu’aux autorités de la ville, avec ampliation. Le préfet avait alors pris des dispositions pour que l’emprise soit libérée au milieu et que les femmes soient repositionnées de part et d’autre. La mairie a exécuté cette décision. Cependant, à mon retour, j’ai constaté que les marchandes revenaient progressivement occuper les lieux. J’ai alors sollicité la construction de deux murs parallèles afin qu’elles restent en dehors de la chaussée. La mairie avait donné son accord et un technicien communal avait même été mis à notre disposition. Mais en pleine exécution des travaux, le secrétaire général de la commune nous a demandé de tout arrêter, affirmant ne pas être informé. Après vérification, il s’est avéré qu’il s’agissait d’un problème de communication interne entre les responsables communaux. » a-t-il déclaré.

Sous l’autorisation des autorités locales, la communauté chrétienne a finalement entamé la construction des murs parallèles. Mais le projet a rapidement été confronté à une vive opposition.

« Lorsque les trous ont été creusés conformément aux indications de la commune, les marchandes les ont complètement rebouchés. En présence du secrétaire général de la commune, une nouvelle proposition a été faite : réduire la hauteur du mur à sept briques. Nous avons accepté cette requête. Mais après avoir constaté que les trous avaient été rebouchés, j’ai demandé aux jeunes d’arrêter les travaux. Cette même nuit, des troubles ont éclaté au marché et plusieurs tables auraient été incendiées. J’ai été interpellé alors qu’aucune preuve n’établissait l’implication des jeunes de l’église. J’ai passé la nuit en garde à vue sans qu’aucune notification ne me soit faite et sans pouvoir bénéficier de mes droits. » a déploré le père Martin Camara.

Contacté par notre rédaction à travers notre correspondant, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia a confirmé l’interpellation du religieux avant de préciser que sa libération est intervenue après le désistement des femmes concernées. Selon Mamadou Bhoye Diallo, le dossier relève essentiellement de l’administration locale et devrait être traité en concertation avec les autorités préfectorales.

Du côté de l’administration du marché, la responsabilité est également renvoyée vers la commune.

« Tout ce que je peux dire, c’est qu’il faut de la compréhension entre l’église et les femmes. Le jour où les incidents se sont produits, j’étais malade, mais on m’a rapporté que la commune avait fait ce qu’elle pouvait. Depuis longtemps, l’église est là-bas. Ce sont les femmes qui sont venues s’installer sur cette route. Nous libérions régulièrement le passage les dimanches et les jours de fête afin que les fidèles puissent accéder à l’église. Aujourd’hui encore, je demande à l’église de faire preuve de patience. Nous allons œuvrer pour que les femmes quittent le milieu de cette route. » a déclaré Aïssatou Sow, administratrice du marché de Kindia.

Nos tentatives pour joindre le préfet de Kindia, le colonel Abdourahmane Keïta, n’ont pas abouti pour l’heure. Selon une source, une rencontre élargie devrait prochainement être organisée afin de trouver une issue à ce conflit qui oppose depuis plusieurs années les fidèles de la paroisse Sainte-Croix aux femmes vendeuses du grand marché.

Affaire à suivre !

Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia
+224 623 08 09 10

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Last modified: 23 juin 2026

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